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Le Blog du MoDem de Colombes

Hommage à Marcelle Devaud

14 Septembre 2008, 16:10pm

Publié par MoDem-Colombes

Il semble malheureusement que l'information soit passée totalement inaperçue à Colombes.

Pourtant Marcelle Devaud a été sénatrice de la Seine sous la IVè République de 1946 à 1958, députée de Colombes-Gennevilliers de 1958 à 1962 et maire de Colombes de 1959 à 1965.

En 2005, la Ville de Colombes lui a rendu hommage en baptisant de son nom le nouvel établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EPAHD), situé rue Joseph Antoine, dans le quartier des Fossés-Jean.

Une figure de l’après-guerre, pionnière de la politique et féministe avant l’heure !

«
Toutes mes actions ont toujours été tournées vers l’avenir avec le sentiment de pratiquer ce qu’on appelle aujourd’hui « la politique de civilisation ». Pour moi c’est une politique respectueuse de la liberté et de la dignité des humains. Une politique d’égalité et en particulier une politique d’égalité entre les femmes et les hommes. Une politique de fraternité aussi et d’amour des autres. Une politique qui intervient à une époque où les hommes et les peuples s’entretuent. Il y a encore une cinquantaine de conflits armés dans le monde. Alors, tournons-nous vers la politique de fraternité, de solidarité et d’amour des autres. Et ce sera peut-être bien. Je crois que les femmes ont beaucoup à faire dans ce domaine. Si les hommes ont fait faillite, c’est à nous les femmes de relever le flambeau. » 
Marcelle Devaud - 22/01/2008 - Cérémonie du centenaire au Sénat.

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Marcelle Devaud, qui fut la première femme à accéder à la vice-présidence du Sénat, est morte, jeudi 4 septembre, à l'âge de 100 ans. Cette pionnière de la parité avait exercé tous les mandats, ou presque, au cours de la IVe et de la Ve République : sénatrice, députée, maire d'une grande ville, conseillère municipale. "Vous n'avez jamais été à proprement parlé une féministe, résumait le président du Sénat, Christian Poncelet, lors d'une cérémonie organisée à l'occasion de son centième anniversaire. Vous êtes une "révolutionnaire silencieuse", ardente défenseure de la famille et des valeurs chrétiennes, tout aussi passionnée par la défense de la liberté que consciente des inégalités subies par les femmes et convaincue de l'injuste archaïsme de leur statut."

Née le 7 janvier 1908 en Algérie, elle épouse en 1925 Stanislas Devaud, un professeur de philosophie qui dévient député de Constantine en 1936. Le couple regagne la métropole en 1940, avant de s'engager dans la Résistance. A la Libération, une ordonnance signée le 21 avril 1944 à Alger par le général de Gaulle accorde le droit de vote aux femmes : lors des élections municipales de 1945, Marcelle Devaud, qui a 37 ans, glisse pour la première fois un bulletin dans l'urne. "C'était une revanche sur l'Histoire, déclare-t-elle en 1995 au magazine VSD. Nous étions nombreuses à voter, parfois accompagnées de nos jeunes enfants. Les gens nous regardaient avec curiosité, mais sans étonnement."

En 1946, Marcelle Devaud, qui a été l'assistante parlementaire de son mari, est l'une des premières femmes à entrer au Sénat, que l'on appelle alors le Conseil de la République. "Je pénétrai dans le noble palais du Luxembourg avec beaucoup d'émotion, en pensant que ce superbe monument, construit par une reine (Marie de Médicis), habité par des femmes illustres (la Grande Mademoiselle, madame Tallien) avait été, sous la IIe République, l'antre d'hommes toujours misogynes et grossièrement opposés au vote des femmes", explique-t-elle dans un livre d'entretien avec Victoria Man. En 1948, elle est élue vice-présidente du Conseil de la République, qui ne compte que vingt et une femmes. "Les hommes étaient désorientés."

Marcelle Devaud est une fidèle du général de Gaulle. "Le gaullisme est une voie médiane entre un socialisme marxiste et un libéralisme traditionnel", explique-t-elle volontiers. Après la Libération, elle tente de contrer l'influence de la puissante et communiste Union des femmes françaises en fondant, avec Irène de Lipkowski, les Françaises libres, puis le Comité de liaison des associations féminines (CLAF). Au Sénat, cette mère de six enfants se spécialise dans les questions sociales : elle fait adopter une loi sur la sécurité sociale étudiante, défend l'idée d'une allocation vieillesse pour les non-salariés, se bat pour imposer l'égalité salariale hommes femmes.

En 1958, Marcelle Devaud, qui vote les pleins pouvoirs au général de Gaulle et approuve la naissance de la Ve République, est battue aux élections sénatoriales. Elle ne se décourage pas pour autant : elle est élue députée (UNR) de la Seine l'année suivante et maire de Colombes deux ans plus tard. Cette ville, qui compte 80 000 habitants, est alors la plus grosse agglomération dirigée par une femme. En 1962, Marcelle Devaud rejoint le Conseil économique et social, dont elle restera membre jusqu'en 1979. Elle représentera ensuite la France à la commission de la femme des Nations Unies pendant huit ans, de 1975 à 1983. "On ne pourra pas modifier quoi que ce soit sur le plan démographique, sur le plan économique, sur le plan social dans le monde, sans modifier la condition féminine", répétait-elle sans se lasser.

Anne Chemin - LeMonde.fr 14/09/08

EN SAVOIR PLUS
http://www.senat.fr/evenement/archives/devaud.html

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O
Bonsoir,Je viens de constater que j'ai un homonyme sur la toile, mais je le rejoins quant à l'action des amis dont il faudrait plus souvent se garder que de ses adversaires ... en politique.Olivier M (pour me différencier)
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O
Une minute de silence, en fin de Conseil Municipal, à minuit, aucun article sur les blogs UMP ou de Mme Gouéta, 1/6ème de page (contre 1 page pour JC Perrin) dans le Journal Municipal, Vraiment aucun hommage à la hauteur de cette femme remarquable de la part de ses successeurs.Voici un extrait du livre "Les femmes politiques en France de 1945 à nos jours”, de Séverine Liatard" (Editions Complexe (2008)) : “La résistance masculine a toujours été très vivre et ne croyez pas qu'elle l'est moins maintenant, en dépit des apparences. Il y a des textes de loi qui contraignent à la parité mais si les hommes s'inclinent, ce n'est pas de gaieté de coeur. L'attitude que le Parti socialiste a eu vis-à-vis de Ségolène Royal nous en donne une image, car elle a été torpillée davantage par ses amis que par ses adversaires" ... "Aujourd'ui encore, malgré la loi sur la parité, le parrainage masculin semble primordial.” Marcelle Devaud.
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