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Le Blog du MoDem de Colombes

L'avenir des Antennes Jeunesse à Colombes

16 Juillet 2009, 00:59am

Publié par MoDem-Colombes

Question orale de Mme YADE, conseillère municipale

« Ma question porte sur la fermeture annoncée des Antennes Jeunesse des quartiers Estiennes d’Orves, Grèves et Petit-Colombes. L’annonce surprise de ces fermetures a provoqué un véritable traumatisme chez les jeunes et leurs familles qui n’en comprennent aucunement la justification. Tous redoutent que ces lieux de vie, qui permettaient aux jeunes d’avoir accès au sport, à des cours de soutien scolaires ou à des loisirs à prix réduits, se trouvent privés d’un espace de convivialité et de citoyenneté. Déjà victimes en une seule année d’une hausse de 6% de leur taux de chômage, les jeunes Colombiens ont le sentiment d’être définitivement abandonnés à leur sort. Je voudrais donc vous demander les raisons pour lesquelles vous avez décidé de fermer ces antennes jeunesse, décision qui n’avait pas été annoncée dans vos engagements municipaux, et plus largement ce que vous prévoyez de faire pour accompagner les jeunes dans leur recherche d’emploi, leur formation professionnelle et leur insertion dans la vie sociale locale ».


Réponse de M. PHANOR, 11
ème adjoint au Maire délégué à la Jeunesse

« Je tiens tout d’abord à vous dire que l’engouement soudain que vous portez pour les quartiers sensibles de Colombes et les antennes de quartiers en particulier m’étonne quelque peu.  Mais pour répondre à votre question quoi de plus convaincant que des chiffres :

En 2001, la gauche vient de mener avec succès les assises de la Jeunesse et recueille avec elles une mine d’informations. Qu’en avez-vous fait ?

Le budget de fonctionnement était alors de 600.000 €.

En 2008, il n’est plus que de 175.000 €, soit 71 % en moins. Le budget d’investissement a suivi le même chemin.

De 2001 à 2008, l’effectif du personnel employé à la Jeunesse est passé de 37 à 12, soit 68 % en moins.

L’engagement et la volonté politiques de la précédente majorité se reflètent dans ces quelques chiffres et ma réponse est, à ce stade, suffisamment éloquente pour que je m’arrête là.

Mais… je vais continuer….

Madame YADE, nous n’avons certainement pas les mêmes définitions des mots « convivialité » et « citoyenneté ».

Je vais vous donner en quelques mots l’état des lieux des antennes que tout responsable a dû un jour visiter.

Il est préférable d’étayer des propos par des exemples, aussi, je vais prendre celui de l’antenne du Petit-Colombes.

Une autre antenne aurait conduit exactement au même constat.

Implantée au pied des immeubles de l’avenue Charles de Gaulle, actuellement en travaux, vingt jeunes au maximum peuvent y entrer, sans faire aucune activité, je tiens à le préciser.

Une porte unique, pas de ventilation, une immense surface vitrée qui fait maudire le soleil en été et vous appelez cela un lieu « convivial » ? Je vous invite à y aller faire un tour !

Un peu de sérieux et un peu de respect… je crois qu’il est temps de donner à notre Jeunesse ce qu’elle mérite en lui offrant des espaces de rencontres agréables et décents. Nous y remédierons en l’amenant à fréquenter des lieux de proximité déjà existants, telles que les maisons de quartiers et en investissant dans de nouveaux espaces.

C’est dans le désengagement budgétaire et l’absence de votre volonté politique que nous sommes amenés aujourd’hui à faire le bilan de l’effondrement de nos antennes de quartiers. Il serait malhonnête de nous faire endosser vos déficiences.

D’autre part, je suis surpris que vous puissiez faire l’apologie du lien social existant dans ces antennes car il faut savoir qu’aujourd’hui les jeunes adolescentes n’y accèdent plus. Devons-nous l’ignorer ?

Quelles réponses apportons-nous aux demandes des adolescentes et adolescents et des jeunes adultes que le Service Jeunesse est sensé traiter ? Doit-elle être restrictive et ne concerner qu’une partie infime de la jeune population colombienne ?

Nous avons une structure qui accueille les 12/15 ans et nous prévoyons d’augmenter sa capacité d’accueil et les dispositifs qui l’intègrent.

A l’heure où l’Europe met en oeuvre une politique sociale d’ouverture pour aider la mobilité des jeunes, vous exhortez le cloisonnement et la régression ? J’avoue ne pas vous comprendre.

Laissez-moi vous dire que, pour notre part, NOUS encourageons la mixité sociale. Nous sommes POUR la mobilité des jeunes, POUR une vie citoyenne à l’échelle communale.

NON, nous ne participerons pas à l’enfermement de la Jeunesse et nous disons NON aux périmètres restreints. Ce n’est pas et par expérience ce n’est PLUS DU TOUT de cette manière que l’on encourage l’insertion des jeunes dans la vie sociale locale.

Nous ne répondrons pas aux besoins des jeunes sans eux et sans les écouter. Loin de les abandonner, nous avons multiplié cet été les activités offertes aux 15/17 et grâce à l’évolution positive des antennes, nous étendrons nos actions.

La formation professionnelle ainsi que les secteurs de la santé, du logement, de la culture et des loisirs font partie intégrante de nos préoccupations et de nos actions à venir.

Le Conseil Général des Hauts-de-Seine pilotent, avec plus ou moins de succès, des Assises Jeunesse sur les thématiques que je viens d’énoncer, et, comme vous le savez, le Gouvernement, par la voix de Monsieur HIRSCH, va renforcer sa politique pour l’autonomie et l’emploi des jeunes.

Pour finir, je vous cite : « Déjà victimes en une seule année d’une hausse de 6 % de leur taux de chômage, les jeunes Colombiens ont le sentiment d’être définitivement abandonnés à leur sort ». Votre question semblerait insinuer notre responsabilité dans l’augmentation du taux de chômage ? J’ose espérer qu’il s’agit simplement d’une mauvaise formulation… il ne règne pas sur Colombes un micro-climat de crise. Elle est, vous le savez aussi bien que moi, à échelle internationale.

Je vous remercie de votre écoute. »


Réponse de Monsieur le Maire

« Chère collègue,

Votre question concerne un sujet particulièrement important et sensible, à l’heure où des menaces tangibles planent sur l’avenir de nos jeunes.

Le chômage de masse est de retour dans notre pays et il touche particulièrement les plus jeunes des actifs. La précarité galopante des jeunes salariés, la paupérisation des étudiants, le mal-logement sont le lot de nombreux jeunes à Colombes comme ailleurs.

Face à cette réalité préoccupante, trop longtemps, nous avons laissé en déshérence la politique de la jeunesse dans notre commune. Il ne s’agit pas d’incriminer les uns ou les autres, mais d’établir un constat partagé, car le sujet nécessite un large consensus.

A une politique de la jeunesse moribonde, nous voulons substituer une politique de la jeunesse ambitieuse.

Ce qui m’intéresse ce n’est pas l’agitation ponctuelle que se plaît à créer aujourd’hui quelques personnes en mal de sujets clivants ou friands d’exploitation politicienne.

Ce qui m’intéresse c’est que dans trois ans nous puissions regarder fièrement en arrière et convenir ensemble que nous avons progressé dans la définition d’une vraie politique de la jeunesse pour notre ville.

Nous sommes partis d’un constat, nous allons vers une ambition.

Quel est le constat ?

- Des équipes souvent démotivées par manque d’objectifs globaux et de perspectives personnelles.

- Des locaux peu valorisants pour les jeunes qui les fréquentent et pour les personnels qui y travaillent.

- Des prestations qui se résument souvent à une logique de « guichet ».

- Un mélange trop flagrant entre les tranches d’âge.

- L’incapacité à pouvoir exprimer simplement et clairement ce qu’est aujourd’hui une politique envers les jeunes à Colombes.

Je ne veux jeter la pierre sur quiconque et je sais que le personnel des structures actuelles dédiées aux jeunes de notre commune est le premier mortifié par cette réalité peu reluisante.

Cette série de constat se fonde sur des faits tangibles et têtus. Aujourd’hui, entre 10 et 15 jeunes sont accueillis en semaine dans les antennes jeunesses et entre 20 et 30 sont accompagnées le mercredi et le samedi.

Vous conviendrez, avec moi, que cela fait peu.

Quelle est notre ambition ?

- Créer des structures capables d’accueillir l’ensemble des 15 – 25 ans et de répondre aux questions que se posent les jeunes aujourd’hui en matière : d’accès à la santé, au logement, au soutien scolaire, à la formation, à l’insertion et donc à l’accès à l’emploi.

- Il s’agit aussi de proposer des structures qui permettront à nos jeunes de se construire en tant que citoyens, citoyens autonomes, engagés, actifs dans la Cité, porteurs de projet individuels et collectifs dans les domaines du sport, de la culture, des loisirs, voire de l’activité économique.

Ces premiers contours renvoient globalement à ce que peut proposer une structure telle que le BIJ, mais à l’échelle de l’ensemble des jeunes de tous les quartiers de notre ville et sur des thématiques beaucoup plus larges.

Il reste à réfléchir à la localisation de ces structures renouvelées, à appréhender s’il faut des locaux à thématique unique où des espaces multi-thématiques et enfin envisager un espace d’accueil dédié dans chaque structure qui oriente les jeunes sur les sujets qu’ils souhaitent aborder ?

Pour définir précisément les contours de cette nouvelle politique jeunesse, je désire :

· Associer les personnels qui souhaitent rester et s’impliquer. Il y a déjà un travail engagé par la Direction des ressources humaines pour ceux qui veulent rester dans le service. Enfin nous maintiendrons des heures pour les vacataires.

· Faire perdurer le groupe de pilotage des élus de la majorité. Dès la rentrée, des groupes élargis constitués d’élus, de fonctionnaires et de partenaires seront constitués, afin de commencer à travailler sur le fond des thématiques.

· Echanger avec les jeunes sous des formes qui sont en cours de définition.

· Créer structurellement une direction jeunesse de plein exercice

Dans la période de transition qui vient, je le dis très clairement, il n’y aura pas de suppression d’activité dans les antennes, contrairement à ce que certains ont véhiculé de manière malveillante.

Au contraire, toutes les activités seront maintenues :

· Foot en salle avec environ 285 jeunes dont 70 12 / 17 ans à Charles Péguy, Maupassant, Dunant et aux Fossés Jean.

· Ateliers culturels et de loisirs autour de la danse (orientale, hip hop), du théâtre social, des jeux de rôle.

· Aide au devoir.

· Accès au Cyber J.

Et d’autres seront lancées comme, entre autres, la « bourse aux initiatives ».

D’ores et déjà, vous le savez, la politique de la jeunesse ne peut se résumer au travail des antennes de notre ville.

L’insertion est du ressors de la « Mission locale » et le CCAS, le BIJ ont aussi leurs propres activités.

Ma volonté est d’organiser, de donner du contenu et d’amplifier au lieu de retrancher.

C’est tout le moins que nous puissions ambitionner pour notre jeunesse en des temps où l’avenir de tous les jeunes et singulièrement ceux issus des milieux les plus défavorisés est assombri par la crise du capitalisme financier et par le libéralisme échevelé qui en est encore le corollaire. »


Conseil Municipal du 07/07/09

Cette question orale et ces deux réponses n'ont pas été exposées à la fin du Conseil, le Groupe UMP et Nouveau Centre ayant quitté la séance à 22h30.
Elles sont cependant annexées au Compte-Rendu Analytique du Conseil.


 

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Marie-Lise 16/07/2009 16:11

Et sur ces fermetures d'antenne le Conseil des enfants qui réunit 36 membres âgés de 8 à 12 ans (élus au suffrage universel pour deux ans, par les enfants des centres de loisirs de Colombes) et le Conseil Communal des Jeunes (CCJ) composé de 28 jeunes de 12 à 18 ans élus au suffrage universel pour deux ans par les jeunes inscrits dans les antennes jeunes ont-ils été interrogés? Pour leur part les conseils de quartiers eux n'ont pas été informés de ces décisions du moins le conseil de quartier Gabriel Péri/Estienne d'Orves. Dommage pour la démocratie participative.