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Le Blog du MoDem de Colombes

Plume des politiques

8 Août 2009, 23:00pm

Publié par MoDem-Colombes

Qu'ont en commun Georges Pompidou, Laurent Fabius, Alain Juppé et François Bayrou ?  Avant d'accéder à de hautes responsabilités, ils ont tous été des "plumes", mains de l'ombre qui rédigeaient les discours de leurs mentors politiques.

"Trouvez-moi un normalien qui sache écrire": cette célèbre requête du général de Gaulle scella le destin de Georges Pompidou.

Laurent Fabius, autre normalien, a vu s'ouvrir les portes de Matignon après avoir été l'artisan des interventions de François Mitterrand entre 1976 et 1981.

"Il y a un cycle: on commence en écrivant des discours qu'on ne prononce pas, on termine en prononçant des discours qu'on n'a pas écrits", sourit le responsable socialiste qui revendique cependant auprès de l'AFP la paternité de ses propres grands discours.


Alain Juppé, normalien lui aussi, travailla pour Jacques Chirac tout comme Christine Albanel, qui lui succéda à la Mairie de Paris avant l'Elysée.


C'est à elle que l'on doit l'un des textes les plus marquants du septennat de Jacques Chirac, en 1995, sur la responsabilité de la France dans la déportation des Juifs. Il "ne fut pratiquement pas retouché", se souvient-elle. Elle trouva aussi les mots élyséens après la mort de François Mitterrand.


"Il faut s'oublier pas mal pour se rapprocher le plus près possible de la personne qui parle", explique cette agrégée, qui a connu parfois l'"angoisse" de la feuille blanche.


Cette place au coeur de l'exécutif fut une "antichambre" du pouvoir, admet celle qui devint ministre de la Culture en 2007.


A la fin des années 70, François Bayrou mit son agrégation de lettres au service de Jean Lecanuet, alors à la tête de l'UDF. Il le rappelle sur son blog: "c'est formidablement formateur, quand on a vingt et quelques années, de se mettre à la place d'un leader de premier plan".


Les "nègres" des politiques ont en commun leur jeune âge. Hakim El Karoui a commencé à travailler pour Jean-Pierre Raffarin à 30 ans et lui concocta de 2002 à 2005 quelque "300 à 500 discours".


Reconverti dans la finance, ce normalien-énarque affirme que la fonction peut pousser à la schizophrénie, tant il faut "entrer dans les réflexions, mais aussi les réflexes" de son pygmalion.


"Je savais exactement quels mots clefs il retiendrait", se souvient le jeune homme qui pour autant n'adhérait pas à 100% à ses idées. Il a d'ailleurs appelé à voter Ségolène Royal en 2007.


Mais il fait figure d'exception. En général, la relation est quasi fusionnelle. Igor Mitrofanoff est dans le sillage de François Fillon depuis 19 ans.


"Avant même de rencontrer Jospin, j'étais déjà jospiniste", confie Aquilino Morelle, qui fut son styliste des mots à Matignon de 1997 à 2002. "C'est plus qu'un métier et on ne peut le faire qu'une fois dans sa vie pour quelqu'un qu'on aime".


Médecin de formation et énarque, il se souvient des heures passées avec le Premier ministre PS à peaufiner un discours de politique générale ou la réponse à une motion de censure.


"Plus qu'un littérateur, j'étais un contributeur à la formulation d'une pensée et je participais à la nourrir", raconte M. Morelle qui a échoué à devenir député en 2007, mais n'a pas enterré ses ambitions politiques.


Longtemps restés dans la coulisse, les "plumes" se montrent désormais. Henri Guaino, se multiplie dans les radios et télés pour défendre la parole présidentielle de Nicolas Sakozy à laquelle il a imprimé sa marque. Une médiatisation venue droit des Etats-Unis où les "speech writers" sont des personnalités exposées, à l'image du jeune Jon Favreau, plume de Barack Obama.

(c) AFP 

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Yannick FARCOULI 14/08/2009 16:34

Bonjour,Article passionnantCordialement