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Le Blog du MoDem de Colombes

Bayrou acte ses «désaccords» avec le PS

28 Janvier 2012, 13:07pm

Publié par MoDem-Colombes

http://www.lefigaro.fr/medias/2012/01/27/a6c982ce-491c-11e1-a057-70c199ce154f.jpg

Le candidat centriste pointe les «incohérences» des propositions socialistes, et répète qu'il vise le second tour pour être élu.

Veut-il y voir l'illustration de l'un des possibles duels du second tour de la présidentielle? Lundi dernier, François Bayrou a visité la base militaire des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) à l'Île-Longue, en rade de Brest. Lundi prochain, même lieu, presque même heure: mais cette fois, ce sera François Hollande, le candidat socialiste, aujourd'hui grand favori des sondages, qui emboîtera le pas du candidat centriste. Pour la même photo?

Dans l'entourage de François Bayrou, la situation est «assez simple». Les socialistes «ont compris que si Nicolas Sarkozy continue de dévisser comme ça, leur adversaire de second tour, ce sera François - le nôtre - et qu'à partir de là, rien n'est joué pour eux», se prend-t-on à rêver au MoDem. Certes, pour l'heure, dans les sondages, le chef centriste ne passe pas la barre des 15% d'intentions de vote. Mais, dans les enquêtes qualitatives, les Français lui prêtent l'habit présidentiel. Voire le placent devant François Hollande en termes de popularité. Alors, on dit attendre que le «déclic» se produise…

Pour Stéphane Le Foll, de l'équipe de campagne du candidat socialiste, «il est clair que François Bayrou se met en situation de récupérer les électeurs déçus de Nicolas Sarkozy». Il est vrai que vendredi encore, en actant ses «désaccords» avec François Hollande après la présentation de ses soixante propositions, François Bayrou s'est placé en alternative au projet socialiste. «François Hollande a raison: nous sommes en accord sur le constat de nos désaccords qui sont substantiels», a expliqué au Figaro le candidat centriste.

Il développe «sa» différence: «Je considère que le programme de François Hollande ne correspond pas à l'exigence des temps, voire que certaines propositions sont dangereuses. Le retour à la retraite à 60 ans est une régression pour notre pays. Surtout en la finançant abusivement par une contribution nouvelle à la charge des entreprises. De même, la multiplication des dépenses empêchera le retour à l'équilibre qui est vital pour le pays», note-t-il, notant encore «bien d'autres incohérences».

«Reconstruire le pays»

Par exemple, sur la proposition du retour «avant la fin de l'année» des troupes françaises basées en Afghanistan de François Hollande, François Bayrou estime qu'«avant de dire on remballe tout, la question mérite d'être approfondie». «Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas prendre de décision, explique-t-il. Mais il faut planifier ce retour et faire en sorte que la France apparaisse cohérente à travers le temps. En tout cas, pas comme un pays qui improvise dans la précipitation.»

Est-ce à dire que rien dans le programme de François Hollande ne trouve grâce aux yeux de François Bayrou? Pas vraiment, répond le centriste, qui rappelle avoir lui-même proposé, il y a quinze jours, lors d'un forum à la Maison de la chimie de Paris, une réflexion sur de nouveaux instruments de financement des entreprises. Défendant depuis 2002 son «ni droite ni gauche», il assure encore «ne pas être de ceux qui pensent que des hommes publics ne peuvent pas se rencontrer sur des propositions concrètes». Est-ce une façon de répondre à François Hollande, qui assure ne pas voir le député des Pyrénées-Atlantiques dans son gouvernement en cas de victoire de la gauche en 2012? François Bayrou répète qu'il vise le second tour pour être élu. Et assure encore: «Je pense que c'est un devoir quand des responsables publics sont en accord de travailler ensemble. Et nous devrons tous le faire dans un esprit d'unité nationale quand il s'agira de reconstruire le pays. Mais c'est aussi un devoir, quand ils sont en désaccord, qu'ils l'expriment et s'en expliquent.»

D'ici là, toujours dans les rangs centristes, on s'explique ainsi la nouvelle posture du candidat du PS vis-à-vis de celui du centre: «Hollande prend conscience que le retard à l'allumage de sa campagne, notamment dû aux bisbilles de l'accord PS-Verts et aux difficultés entre socialistes à se mettre d'accord sur la TVA sociale, pousse un électorat de centre gauche à se tourner plutôt vers la constance de Bayrou que vers le flou de certaines propositions du candidat socialiste», observe Christophe Madrolle, secrétaire général adjoint du MoDem.

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