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Le Blog du MoDem de Colombes

Commémorer la Grande Guerre à Colombes

11 Novembre 2009, 00:00am

Publié par MoDem-Colombes



Aujourd'hui, c'est le 91ème anniversaire de l'Armistice du 11 novembre 1918 (Rassemblement à la Maison du Combattant, 7, rue du Maréchal Joffre, à 10h00, cortège dans les rues de Colombes ( rue de la Liberté, rue des Anciens Combattants (dépôt de gerbe), rue du 11 Novembre 1918 (dépôt de gerbe), rue du Bournard, place Rhin et Danube, rue Saint-Denis, boulevard de Verdun, rue Gabriel Péri) jusqu'à la Place du Souvenir et de la Résistance, pour une cérémonie au Monument aux Morts à 11h00).

"Il me faut revenir en arrière, à l’époque où j’étais en traitement à Paris. Mon frère Félix avait été fait prisonnier avec tout son bataillon à Vauquies en Argonne, en 1915, il fut interné au camp de Zinrou, près de la frontière autrichienne. Il travaillait dans une usine de pâte à papier. Beaucoup plus tard, dans l’été très probablement, je reçus une lettre de lui, dans laquelle il me disait qu’il venait de recevoir tout un lot de sous-vêtements et de chemises par l’intermédiaire d’un copain dont les parents étaient propriétaires du “café du cadran” à COLOMBES. Ce dernier, qui était déjà pourvu, donna le colis à mon frère. Mon frère me demandait d’aller remercier les donateurs du colis : c’était les propriétaires du salon de coiffure (M. et Mme Henault et leurs deux filles ; Andrée et Marcelle). Le salon de coiffure se trouvait en face du “café du cadran”. Je partis donc par le train pour COLOMBES et je me présentais de la part de mon frère. Je fus très bien reçu et l’on me fit monter à l’appartement pour pouvoir causer plus facilement. Je vis donc mes futurs beaux-parents (qui furent aussi les beaux-parents de Félix). Je vis aussi leur fille Marcelle, et une “petite poupée Lucette” qui jouait sur les genoux de son grand-père maternel. On m’expliqua que son père (Mr. Julien Toux) avait été tué le 4 Mai 1915 ; Coïncidence, je m’étais engagé ce jour-là.

Les vêtements envoyés étaient les siens, sa veuve Andrée (mère de Lucette) ayant voulu en faire profiter des soldats prisonniers. On m’invita à revenir un dimanche afin de voir toute la famille. J’ai donc vu, pour la première fois Celle qui devait devenir ma femme, mais j’étais loin de me douter de cela. Mon frère Félix avait de son coté envoyé une lettre de remerciements tellement bien troussée que Marcelle s’écria aussitôt “Je l’adopte comme filleul”.

De mon coté, je m’étais présenté en tenue militaire (et pour cause), vareuse bleu foncé, culotte et bandes molletières, grand béret, cape bleu horizon, avec mon bras en écharpe (blessure de Novembre 1916), et ma figure de gamin, (du fait que cela se passait en 1917, j’avais vingt ans), j’ai su plus tard par “Dédée” que j’avais fait “mon petit effet”. J’eus probablement l’occasion de retourner à COLOMBES (mais je ne m’en souviens pas).

Peu après l’Armistice du 11 Novembre 1918, j’appris que mon frère Félix s’était évadé le 4 Novembre avec cinq copains et la complicité de femmes allemandes dont certaines se marièrent plus tard avec des français. Me trouvant en permission à Paris, je reçus un télégramme destiné à mon père. Comme il avait été expédié de Lyon, je fis le rapprochement, je l’ouvris et j’appris que mon frère Félix été bien arrivé à Lyon. Aussitôt je me rendis “Au Bon Marché” où travaillait mon père pour l’avertir. Pendant que je lui parlais, j’aperçus Félix qui arrivait. Il vint près de nous (et les collègues de mon père s’attroupèrent autour de nous). Félix raconta brièvement son Odyssée. Dès qu’il fut restauré, rue RAMEAU, il fit sa toilette à fond, et nous allâmes à COLOMBES. C’était le 18 Novembre 1918, Andrée se trouvait chez ses parents. Elle nous invita à venir dîner chez elle, un soir avec sa sœur. Nous fûmes particulièrement bien traités, Dédée avait encore des bouteilles de Vosne-Romanée (Bourgogne), l’ambiance fut excellente et explosive ! A la fin du repas, Dédée avait déjà pris une température très élevée. Elle voulait nous faire oublier la guerre en buvant, elle se prit au jeu. A cette époque, je tenais le coup, j’avais vingt et un ans, nous dûmes la coucher et placer une cuvette à coté d’elle. Je ris encore en écrivant cela, Pauvre Dédée ! Le souvenir de cette soirée, rue DUROC, ne me quittait pas et je compris qu’un lien venait de se nouer, entre Dédée et moi.

Je rejoignis mon régiment, le 271ème Régiment d’Artillerie de Campagne, porté en Allemagne. Félix et Marcelle se fiancèrent peu après, et ils fixèrent la date du mariage au 31 Mars 1919, je fus du mariage avec Dédée comme cavalière, et ce fut le commencement de nos amours. Après cette guerre qui avait fait tant de mal, nous avions l’un et l’autre un grand besoin d’affection. Félix et Marcelle eurent trois filles, Ginette, Madeleine, Claudie et prirent la succession du salon de coiffure de Monsieur et Madame Henault. Avec Andrée nous échangeâmes une correspondance très fréquente. Je fus démobilisé le 13 Septembre 1919."

Extrait des mémoires de Maurice Renoux.

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Paul Laurendeau 15/11/2009 22:08


Même le souvenir de la guerre est belliqueux

http://ysengrimus.wordpress.com/2009/11/15/la-petite-fleur-du-fascisme-ordinaire/

Même la célébration de l’armistice est belliciste… Alors le jour du souvenir, je vous demande un peu…
Paul Laurendeau


Charles Ham 13/11/2009 10:34


Cette boucherie aura au moins eu un mérite - le seul, peut-être - à savoir faire germer la nécessaire prise de conscience de l'idéal européen... A ce titre, nous sommes redevables à ces millions de
morts, quelle que soit leur nationalité.


MoDem-Colombes 11/11/2009 22:38



Au nom du MoDem de Colombes, Laurent Trupin et Bruno Gouallou ont déposé une gerbe au Monument aux morts ce 11 novembre :

http://laurent.trupin.over-blog.com/album-1504509.html