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Le Blog du MoDem de Colombes

Electeurs démocrates, ne perdez pas espoir !

21 Mars 2010, 00:00am

Publié par MoDem-Colombes

Commençons par dire à tous ceux qui ont voté pour les candidats du Mouvement démocrate, dimanche dernier, que le faible score des listes qu'il présentait ne signifie pas qu'ils sont dans l'erreur. La vie politique est coutumière de ces passages brutaux de la cime aux abymes et... réciproquement. Se souvient-on que la candidate écologiste lors de la présidentielle de 2007 n'avait recueilli que 1,5 % des suffrages alors que ses camarades d'aujourd'hui sont à 12,2 %, ce qui est d'ailleurs inférieur aux 16,2 % des européennes de l'an passé ?

Mais venons-en à l'essentiel, c'est-à-dire au message et à la stratégie politique. Pour beaucoup, l'absence de positionnement clair du MoDem dans le jeu des alliances de droite ou de gauche est responsable de la forte baisse du potentiel électoral qu'avait recueilli François Bayrou en 2007. "Où êtes-vous finalement ?" ne cesse-t-on de nous dire. Eh bien nous sommes au centre, et nous y restons. Face aux défis majeurs auxquels notre pays est confronté, il n'y a pas un camp qui, à lui tout seul, détienne la vérité, possède le catalogue des réformes à accomplir, et plus encore la méthode pour les faire accepter. Réfléchir ainsi revient à privilégier des approches idéologiques qui sont des impasses, et, pire encore, des mensonges. Nicolas Sarkozy a commencé son quinquennat avec des habits très libéraux et le voici apparemment devenu étatiste depuis que la gravité de la crise s'est fait sentir... Les socialistes, avec leurs seuls alliés d'Europe Ecologie et du Front de gauche mettront-ils en avant leurs idées du passé, faites d'accroissement de la fiscalité, de centralisme étatiste, auxquels beaucoup d'entre eux ne croient plus réellement ? Tout cela constitue autant d'incapacité à agir et d'énergie gaspillée.


Etre au centre, c'est sentir le besoin de dépasser les clivages archaïques à un moment où notre pays n'a pas d'autre choix. Cela ne signifie nullement détenir une "troisième vérité, ni de droite ni de gauche". Soyons lucides, notre peuple est fatigué et collectivement déprimé, même si, heureusement, la vitalité individuelle reste grande dans la vie quotidienne de chacun. Quant à l'Etat, il dispose de très peu de marge de manœuvre – notamment budgétaire – pour se transformer. Au Mouvement démocrate, nous pensons qu'il n'y a pas d'autre solution que de privilégier l'écoute des personnes souffrant de la crise et concernées par les réformes et que d'être obsédé par l'exigence de justice sociale. C'est le contraire de ce que fait le gouvernement aujourd'hui. Nous appelons cela le projet humaniste.

Nous pensons que les Français ne sont pas très loin de ce point de vue, même si cela ne les a pas conduits à nous apporter suffisamment leur suffrage. La très préoccupante abstention de dimanche dernier est un rejet de la classe politique, qui nous inclut bien évidemment. Quant au vote de la minorité qui s'est exprimée, elle pourrait laisser croire à un retour de la bipolarisation "droite-gauche" traditionnelle. Il faut être plus fin dans l'analyse. Il est devenu banal de voter pour un camp lors d'une élection, et pour le camp adverse à l'élection suivante. Ce zapping électoral, que certains assimilent à du consumérisme politique, démontre, s'il le fallait, qu'il n'y a plus de vote d'appartenance, et constitue aussi, d'une certaine façon, une forme d'appel au dépassement des clivages idéologiques.

L'autre cause supposée de notre échec serait l'obsession présidentielle de François Bayrou. Ne refusons pas d'en débattre, et allons ici aussi au fond des choses. Le Mouvement démocrate est né de la percée que son leader a accomplie en 2007, rompant avec ce qui se faisait depuis plusieurs décennies. Il a libéré le centre de son asservissement à une droite dont on pouvait déjà pressentir que, avec Nicolas Sarkozy, elle irait à rebours des avancées démocratiques et sociales indispensables pour redonner à notre peuple cohésion et confiance en lui-même. Reste que le jeu institutionnel en France est aujourd'hui verrouillé. Il est fait pour cet affrontement destructeur de la gauche contre la droite.

L'essai qui a été marqué par François Bayrou lors de la dernière élection présidentielle ne pourra être transformé que par une autre élection présidentielle. Pour cela, il faudra cette fois-ci construire de nouvelles alliances, qui devront à la fois s'atteler au fond des réformes à entreprendre, mais aussi à la forme de notre vie politique et de sa représentation démocratique. Chacun sera mis face à ses responsabilités. Est-ce en s'appuyant sur les amis de M. Mélenchon que les socialistes pourront reconquérir le pouvoir ? Est-ce en restant sous le carcan étouffant d'une UMP totalement sous contrôle présidentiel que les humanistes de centre droit pourront faire entendre leur voix ? Ces questions, nous les poserons le moment venu à tous les Français, dans la transparence, et alors que les effets dévastateurs de la crise économique et sociale continueront à faire de très lourds dégâts, élargissant le rassemblement – espérons-nous – de ceux qui seront prêts à penser et à agir autrement.

Ce n'est pas un pari. Même si ce choix est exigeant, pour tous les démocrates, c'est la seule voie à suivre.

Robert Rochefort, député européen, membre du bureau exécutif du Mouvement Démocrate.

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Charles 22/03/2010 16:14


Laurent, dans le cas particulier de Dany Cohn-Bendit, il a beau jeu de déclarer ne pas vouloir se présenter à l'élecion présidentielle de 2012. Il serait plus juste qu'il dise qu'il ne
peut pas s'y présenter. En effet, suite à un tour de "passe-passeport", il a opté pour la nationalité allemande, ce qui, selon les règles de nationalité en vigueur à l'époque, lui ont évité de
faire son service militaire... en France. Il est européen et europhile, certes mais étant de nationalité allemande, la candidature à l'élection présidentielle française de 2012 lui est - de
facto - impossible. Comme n'importeb quel ressortissant d'un pays de l'UE, il peut se présenter à une élection municipale ou européenne, point barre. CQFD !


trupin 22/03/2010 14:57


bonjour Jacques, bonjour Charles. je suis d'accord avec vous, la notion "d'homme providentiel" est à manier avec précaution... d'ailleurs depuis l'appel du 18 juin le concept s'est un peu
affadi.... Le score d'Europe Ecologie (qui a remplacé le MoDem dans l'expression d'une certaine défiance à l'égard des partis, non ?) est intéressant parce que voila une formation dont le chef a
clairement dit depuis le début qu'il ne serait pas candidat à l'élection présidentielle ! (et il n'y a pas de raison de croire qu'il ment. c'est d'ailleurs ce qui le rend sympathique aux yeux de
Sarko). Les électeurs choisissent celui qui fédére les contraires autour de lui sans avoir d'ambition présidentielle ? la Véme est morte ?


Charles 22/03/2010 13:25


Cher Jacques, je lis - avec plaisir - que nous partageons la même analyse de ce qui pourrit notre mouvement et notre démocratie de l'intérieur : la "présidentialite aiguë" !
De plus, si la réforme des scrutins territoriaux me semble être une bonne reprise (d'une grande partie) de nos idées par la commission Balladur, il y aurait matière à faire en ce qui concerne le
Sénat et l'élection - antidémocratique au possible - de ses membres.
Enfin, rêvons encore un tout petit peu. Si avec la parité en politique, de grands pas ont été franchis en matière de meilleure représentativité de la réalité de la société française, d'autres
restent encore à faire du point de vue de la diversité des élus. Par "diversité", j'entends - bien entendu - diversité d'origine, religieuse/philosophique, orientation sexuelle (réelle ou
supposée), personnes valides/handicapées... mais surtout diversité des personnes agissant en politique. Et pour celà, seul la notion de mandat unique pourrait - peut-être - redonner de l'appétît
aux électeurs qui, à juste titre devant un spectacle si désespérant, ne sont pas allés voter pour des professionnels du cumul des mandats...


Jacques Bodécot 22/03/2010 10:47


Charles, je suis totalement ignare en matière de rugby, mais en ce qui concerne votre analyse, je suis au regret d'admettre que vous avez raison.

La constitution de la cinquième République a fait de l'élection du président de la République au suffrage universel la seule qui compte pour beaucoup de gens. Plutôt que de se déterminer à la suite
d'une austère analyse de valeurs ou d'idées plus ou moins abstraites, c'est tellement plus facile de voter pour un visage, un homme ou une femme dont on peut trouver dans les traits de
caractère et le quotidien de sa biographie, amplifiés par la caisse de résonnance que sont la télé et autres medias plus ou moins peopolisés, des éléments en lesquels on se reconnait
!
De là, la légitimité extraordinaire donnée au président élu, qui use en paroles de pouvoirs qu'il n'a pas et laisse au second plan le travail du Parlement. Avec ce mode de scrutin chaque
candidat est potentiellement un homme ou une femme providentiel. Et le problème (j'allais écrire le tort) du MoDem est qu'il s'est mis au service d'un homme providentiel pour la durée
d'un quinquennat. A moins qu'il ait été créé pour cela!
Mais qui oserait aujourd'hui remettre en question un mode de scrutin qui pourtant, pourrit la vie politique dans ce pays?


Charles 21/03/2010 23:39


"L'essai qui a été marqué par François Bayrou lors de la dernière élection présidentielle ne pourra être transformé que par une autre élection présidentielle."

Cette phrase me semble complètement débile pour deux raisons :

1) François Bayrou a marqué un essai en 2007 parce qu'il avait une véritable équipe unie qui aujourd'hui s'est délitée et a qui a donné naissance à 3 équipes distinctes : MoDem, Nouveau Centre et
Alliance centriste (et le groupuscule de Cavada dont j'ai oublié le nom).  ;

2) Au rugby, que ce soit à VII, à XIII ou à XV, celui qui marque l'essai n'a pu le faire que parce que tout l'équipe l'a construit en amot ; le joueur qui marque l'essai n'est que l'ultime
catalyseur d'une action collective. Aussi, même s'il m'en coûte. Avec des militants, certes, mais avec quasiment plus d'élus, je m'interroge sur ses chances d'en marquer un autre... d'essai.

Notre démocratie ne se résumerait-elle qu'à la seule élection présidentielle ? 1789 n'aurait servi qu'à cela ? Ah bon. Et bien ma foi, ressortons un Bourbon de la lignée d'Henri IV, de la
naphtaline, et on gagnera du temps...