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Le Blog du MoDem de Colombes

Les JO de 1924 à Colombes, des Jeux «low cost»

2 Août 2012, 14:18pm

Publié par MoDem-Colombes

Le gouvernement n'accorde que 6 millions de francs pour les seconds Jeux olympiques organisés en France au milieu des années 1920. Les finances de l'État sont alors dans un très piteux état.

Paris, le 5 juillet 1924. Un coup de canon tonne dans l'enceinte du stade de Colombes, dans la banlieue nord-ouest de la capitale. Les VIIIèmes Olympiades sont déclarées ouvertes sous les vivas de 60.000 spectateurs venus à la cérémonie d'ouverture. Elles avaient failli pas avoir lieu. Les atermoiements du conseil municipal de Paris pour attribuer un terrain, le retard pris dans le vote des crédits, auraient pu provoquer la délocalisation des jeux de Paris à… Los Angeles.

La France a dû se contenter d'organiser des jeux «à bas coût». Un modèle pour d'éventuels Jeux parisiens en 2024? À l'époque, l'État ne veut pas satisfaire les demandes de financement du Comité organisateur, qui réclame une subvention de 20 millions de francs. Bien que les Jeux soient «une fête grandiose d'humaine fraternité», il ne faut faire «aucune dépense inutile et donc ne demander au contribuable que ce qui correspondra exactement aux besoins sportifs démontrés, en même temps qu'à ces traditions de l'hospitalité française auxquelles le faste importe moins que le goût», argumente devant l'assemblée le député Noblemaire, de la commission des Finances, le 31 mai 1922.

Dette monumentale

La situation des finances de l'État en 1924 est pour le moins délicate. Certes, une forte croissance a permis à la France de retrouver ses niveaux de production d'avant-guerre. Mais c'est au prix d'une reconstruction financée par la dette publique. Cette dernière s'élève ainsi à 413 milliards de francs en 1924, soit presque deux fois plus que la richesse produite cette année-là par le pays (196% du produit intérieur brut). C'est plus que l'endettement actuel de la Grèce (165%).

Toujours est-il que les organisateurs doivent se satisfaire de 15 millions de francs, dont une subvention de l'État de seulement 6 millions. Le reste sera apporté par les fédérations sportives et le Racing Club. Le puissant club sportif parisien se chargera d'autre part d'agrandir le stade de Colombes. Rapportés à la richesse de la France à l'époque, les Jeux de 1924 se révèlent plus de 20 fois moins chers que l'auraient été ceux de 2012 dans la capitale française, budgétés par les promoteurs de Paris 2012 à 4 milliards d'euros.

Bien qu'organisés sans faste, les Jeux de Paris remportent un intérêt international. S'y inscrivent 44 nations, contre 22 lors de l'édition précédente. Les supporters américains, britanniques et suédois se ruent sur les billets. Quatre mois avant l'évènement, ils ont déjà réservé chacun environ pour 350.000 francs de billets, rapporte la presse française. Face à cet afflux, le Comité olympique doit bloquer en urgence un quota de places pour les Français.

Difficultés de circulation

Las, les JO pâtissent d'une organisation approximative. Les journaux de l'époque signalent «les difficultés de la circulation entre Paris et le Stade olympique de Colombes», excentré. Au lendemain de la cérémonie de clôture, le journaliste du Matin s'emporte contre une organisation «médiocre, piteuse, et parfois lamentable». Et de craindre que cela entache «le prestige et le bon renom de la France». Seul point positif: avec 11 médailles d'or, la France finit 3ème au classement des nations, derrières les États-Unis et la Finlande.

Question finances, les Jeux olympiques de Paris n'échappent pas à la «malédiction de l'organisateur», observée par l'économiste Wladimir Andreff: ils n'ont rapporté que 5 millions de francs, trois fois moins que ce qu'ils ont coûté. Les Jeux, écrit Le Figaro du 8 août, «n'ont certes pas remporté le succès espéré, mais ils ont tout de même fait d'appréciables recettes». Prévoyant, le Comité olympique s'était couvert auprès de la Compagnie d'assurance, cette dernière s'engageant à combler la moitié de son déficit.

 

(c)LeFigaro

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