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Le Blog du MoDem de Colombes

Se souvenir du Vel'd’hiv

17 Juillet 2013, 19:18pm

Publié par MoDem Colombes

Se souvenir du Vel'd’hiv
Il y a 71 ans, les 16 et 17 juillet 1942, 1129 hommes, 2916 femmes et 4115 enfants de Paris et du Département de la Seine, dont 24 colombiens, ont été arrêtés par la police française (opération baptisée cyniquement "vent printanier") et enfermés dans l’enceinte sportive du Vélodrome d’hiver, le "Vel'd'hiv'".
Simultanément 1989 hommes et 3003 femmes, couples sans enfants et célibataires, étaient arrêtés et enfermés dans le camp de Drancy.
Dans les camps de Beaune-la-Rolande et Pithiviers, les enfants en bas-âge - environ 3000 - ont été brutalement séparés de leurs parents qui furent déportés les premiers. Les enfants furent transférés à Drancy et déportés entre le 17 et 31 août 1942.
La quasi-totalité des 13 152 raflés furent déportés.
Aucun des 4 115 enfants déportés n'est revenu.

Cette vague d'arrestations ne fut ni la première, ni la dernière. Mais elle a été la plus massive. Les premières rafles ont eut lieu le 14 mai 1941, les dernières au printemps 1944. En tout, 76 000 Juifs de France ont été déportés vers les camps nazis, dont bien peu sont revenus.

Dans le cadre de la "Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français et d’hommage aux Justes de France", une cérémonie commémorant la rafle du Vel'd'hiv se tiendra dimanche 21 juillet 2013 à Colombes, en présence du CPMA, organisée par le Comité Pour la Mémoire d'Auschwitz et le Centre Communautaire Israélite de Colombes, avec la municipalité.
16h Rassemblement à l'angle de l'avenue Henri-Barbusse et de la rue Bouin
16h10 Dépôt de gerbes
16h20 Témoignages et allocutions

Denise Tavernier, témoin de la rafle du Vel d’Hiv et ancienne assistante sociale de 94 ans, espère que son ruban rouge permettra aux jeunes générations de faire leur devoir de mémoire.

Si elle a reçu la Légion d’honneur dimanche 14 juillet 2013, c’est parce qu’elle a un jour osé dire «non». Le 16 juillet 1942, alors que Denise Tavernier n’est qu’une assistante sociale stagiaire à la préfecture de police, elle est envoyée au Vél’ d’Hiv. Ce qu’elle y voit, elle ne l’oubliera jamais. Des hommes, des femmes et des enfants juifs raflés et parqués avant d’être envoyés dans les camps d’Europe de l’Est. Horrifiée, elle proteste auprès du directeur du cabinet du préfet de police. « Je lui ai dit qu’il y avait de quoi avoir honte d’être français », tempête encore, soixante et onze ans plus tard, celle qui considère n’avoir « rien fait d’exceptionnel ». Son témoignage lui vaut une menace d’arrestation. Elle démissionne et, devant les réticences de ses contemporains à écouter son histoire, finit par se taire. « On m’a dit que je radotais, que j’essayais de me mettre en avant. »

Le curé de sa paroisse la convainc d’écrire, « parce que les jeunes générations ont le droit de savoir », mais son témoignage ne trouve que peu d’échos. C’est finalement Serge Klarsfeld, à la tête de l’association des Fils et filles de déportés juifs de France, qui remarque son geste en 1982, lorsque les archives de la préfecture sont rendues publiques. L’an dernier, il demande à François Hollande de remettre la Légion d’honneur à l’ancienne assistante sociale, aujourd’hui âgée de 94 ans. « J’ai encore du mal à réaliser, confie Denise Tavernier. Mais c’est une récompense extraordinaire, pour ne pas oublier ce qui s’est passé, en plein Paris, cet été-là. »

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