La politique d'expulsion des Roms est une honte pour un pouvoir de gauche
Le message du ministre de l'intérieur annonçant que les décisions d'expulsion prononcées par la justice seraient exécutées, s'agissant des campements de Roms, n'est pas celui que nous attendons d'un ministre de gauche.
Le gouvernement a pourtant annoncé vouloir se soucier du devenir de la situation des bidonvilles et, par extension, des populations roms. Ces populations font depuis longtemps l'objet de préjugés, entretenus et aggravés par l'inacceptable discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy le 30 juillet 2010.
L'urgence impose de travailler au changement du regard porté sur eux. Il faut d'abord rappeler que ces populations sont victimes de discriminations dans leurs pays d'origine, mais aussi, bien souvent, dans les pays d'accueil.
Les droits de l'homme ne sont pas respectés lorsque des forces de l'ordre investissent des campements dans lesquels résident des familles et des enfants et les forcent à quitter inlassablement les lieux où ils s'installent, sans proposition de logement ou d'hébergement, empêchant toute stabilisation et par conséquent la scolarisation des enfants, l'accès au travail...
La dignité des personnes est bafouée lorsque des familles sont forcées de quitter des terrains insalubres, sans eau ni sanitaires, pour en rejoindre d'autres, dans le même état d'insalubrité, ce qui est la réalité des évacuations.
Christophe Deltombe, président d'Emmaüs France et Christophe Auger, délégué général d'Emmaüs-Coup de main
Le Monde Idées 14/08/2012
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