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Le Blog du MoDem de Colombes

le projet de francois bayrou

Les deux François tancent Sarkozy en choeur

28 Octobre 2011, 23:13pm

Publié par MoDem-Colombes

L'un sur TF1, l'autre sur France 2, François Bayrou et François Hollande ont tous deux riposté à l'intervention de Nicolas Sarkozy. Avec des arguments proches.

 

Coïncidence : vendredi soir, deux François se sont retrouvés sur les deux principales chaînes de télévision pour y critiquer l'intervention de Nicolas Sarkozy. Au 20 heures de TF1, François Bayrou, le président du Modem et probable prétendant à l'élection présidentielle. Sur France 2, François Hollande, candidat socialiste pour 2012. L'un comme l'autre ont remis en cause le bilan de l'accord intervenu entre les 17 pays de la zone euro, pourtant vanté pendant 1h15 par le président de la République jeudi soir.

Les concessions à l'Allemagne en ligne de mire

Pour François Hollande, "le président Sarkozy a cédé à la proposition allemande, et s'il faut un vainqueur, c'est madame Merkel qui peut faire le communiqué de victoire". Le Béarnais ne dit pas autre chose, regrettant que Nicolas Sarkozy ait "(adhéré) à la stratégie de l'Allemagne". Paris a en effet dû concéder à Berlin certaines exigences concernant le Fonds européen de stabilité financière (FESF), parce que l'Allemagne refuse absolument de remettre en cause l'indépendance de la Banque centrale européenne en la liant au FESF.

Autre point d'accord entre le centriste et le socialiste : le rôle accordé à la Chine. En choeur, ils regrettent que Pékin puisse investir dans le FESF. "Extrêmement grave et troublante" pour François Bayrou l'implication de la Chine n'est pas moins malvenue pour François Hollande. Selon ce dernier, il ne sera plus possible "d'obtenir des Chinois des concessions" lors du G20. "Il n'y a en aura plus du tout", a-t-il assuré, jugeant que "la Chine était consacrée comme l'empire économique et financier qui va venir en aide à l'Europe et la zone euro". "Il s'agit d'une perte d'indépendance de l'Europe. Avoir été obligé de proclamer à la face du monde qu'on allait avoir recours à la Chine pour notre propre rééquilibrage, ça veut dire qu'on sera moins armé lorsqu'on aura des relations cruciales avec ce grand pays", estime quant à lui François Bayrou. A croire que les deux hommes s'étaient concertés.

 

(c) jdd.fr

 

http://www.lejdd.fr/Election-presidentielle-2012/Actualite/La-campagne-de-Francois-Bayrou-sera-sobre-selon-ses-lieutenants-414421/

 

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Produire, instruire et reconstruire la démocratie

28 Octobre 2011, 06:34am

Publié par MoDem-Colombes

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Sur le fond, votre «majorité centrale» se construit sur quels piliers?

Je vous l'ai dit : première idée, pour nous en sortir, nous devons comprendre que les problèmes sont chez nous et pas ailleurs. 

Ne sont-ils pas des problèmes européens?

Non, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas sont en Europe, ils produisent et exportent. Le problème, c'est la France, son organisation, la manière dont ont été stérilisés des secteurs du pays, qui étaient des secteurs de création et qui deviennent des secteurs de désert. De même, la question de l'éducation, les difficultés si lourdes de l'éducation en France, ne dépendent ni de l'Europe ni du monde : elles dépendent uniquement de notre pays, de son organisation et de sa volonté. 

Deuxièmement, on ne peut retrouver son indépendance qu'à partir du moment où on se libère de sa dette. Troisièmement, la question principale est de reconquérir la production. Quatrièmement, la question principale est de reconquérir l'éducation.

Cinquièmement, ça ne pourra se faire que dans une démocratie qui aura retrouvé les règles élémentaires (presse, justice) qui permettent de respirer dans un pays et qui évitent les abus de pouvoir (je rappelle que j'ai écrit un livre qui portait ce titre).

Est-ce que vous estimez que l'économie de ce pays est confisquée par une oligarchie?

Ce n'est pas l'économie, c'est pire, c'est la vie politique qui a été en effet entièrement organisée de manière opaque autour d'un mélange illégitime des intérêts économiques, financiers et médiatiques, de réseaux d'influence qui s'entre-soutiennent pour contrôler le pays. C'est un système de connivence, de surcroît implanté dans les deux partis principaux. Voilà pourquoi il faudra un président de la République indépendant. Et voilà pourquoi notre démarche d'indépendance sera cruciale. La connivence, l'endogamie dans les idées touchent les uns et les autres.

Seule une majorité nouvelle et un président indépendant peuvent changer cela, peuvent remettre les choses à l'endroit. On va dire à ces entremetteurs, à ces influences opaques : voyez-vous, là, c'est la porte de l'Elysée, de la maison civique, et vous n'y entrez pas comme dans un moulin pour décider à la place des vrais décideurs qui doivent s'exprimer au nom du peuple. Je me suis opposé à la privatisation des autoroutes, la gauche s'est tue. Je me suis opposé à l'affaire Tapie, souvent seul. Je me suis opposé à tous les manquements et j'ai employé à propos des affaires Takieddine, Bourgi, Djouhri, les mots adéquats, grâce à la liberté que donnait cette indépendance.

Deuxième pilier, la production: que faites-vous des groupes du CAC40? Cela pose la question de la réforme fiscale et de la dette dont vous faites une priorité...

Non, la priorité des priorités, c‘est la raison qui pousse à la dette : c'est la reconquête du produire.

Et, concrètement, comment réindustrialiser la France?

On met les grandes entreprises en réseau avec les petites entreprises pour que ces dernières accèdent aux process de production, on met à égalité les PME et les grandes entreprises par une simplification du droit fiscal et social. On réinvente le travail que faisait autrefois le commissariat au plan pour définir les nouveaux secteurs ou les secteurs abandonnés à reconquérir en commençant par le haut de gamme. On crée un label sur la production en France pour que le consommateur devienne un acteur de cette politique. On travaille sur l'image de marque du pays car c'est à cause de cette image de marque que nous perdons les marchés à l'exportation. On travaille sur la refondation de la confiance sociale parce que la confiance entre syndicats et entreprises est une donnée clé de la reconquête.

Comment faire aujourd'hui accepter aux électeurs un plan d'austérité ou l'équivalent de ce qu'a été l'agenda 2010 de Schroeder, lorsqu'il était chancelier allemand au début des années 2000?

Par pédagogie, vérité, audace de s'adresser à ce que les électeurs ont de plus responsable en eux. Il y a des temps où on peut accepter la démocratie de séduction, et des temps, comme ceux que nous vivons, où il faut une démocratie de conscience. On ne peut pas faire de la politique sans avoir le courage de s'adresser à la population en disant «on va y arriver» et en expliquant clairement, sans faux-fuyant, quel chemin suivre.

Et que dites-vous à la moitié des Français qui gagnent moins de 1.500 euros par mois?

Je leur dis la vérité: le pouvoir d'achat ne cesse de baisser parce que nous sommes soumis à une hémorragie à cause de notre déficit du commerce extérieur: chaque année nous donnons 75 milliards d'euros de nos ressources nationales pour soutenir les économies de nos voisins. Ne vous étonnez donc pas que le pouvoir d'achat tombe. Il faut donc s'attaquer à la cause !

Lénine disait : «Seule la vérité est révolutionnaire.» Moi je crois que la vérité est la condition sine qua non du redressement du pays. Et si on n'ose pas la dire, ce seront de grands malheurs. Il faudra conduire cette politique de reconstruction avec quelqu'un dont on soit sûr qu'il ne sert aucun intérêt, qui a fait ses preuves et qu'on écoutera quand il parlera de la situation du pays, des efforts nécessaires et des étapes qui conduisent à une nouvelle ère de la France.

Avez-vous conscience que deux mots sont largement inaudibles aujourd'hui: Europe et austérité. Que la plupart des responsables politiques parlent d'une crise européenne qu'ils ne maîtrisent pas et ne disent rien ou bien peu de la crise sociale de ce pays?

Pourquoi n'y a-t-il pas d'intégration des jeunes et des immigrés? Parce qu'il n'y a plus d'emploi. Nous sommes un pays qui s'appauvrit sans cesse. Eh bien on va changer cela. La France a déjà traversé des passes aussi noires. On va s'en sortir. Et c'est pourquoi mon message est un message de fondamental optimisme. Je dirai la vérité. Et je dirai la mobilisation et l'enthousiasme nécessaires. En 2004, l'Allemagne était derrière nous. Cinq ans après, ils dominaient l'Europe. C'est très court cinq ans en histoire, c'est comme une minute, un soupir. Ce que nos voisins ont fait nous pouvons le faire, et nous devons le faire.

Je ne crois pas aux choses baroques, je crois que l'Europe se fera le jour où on réconciliera l'idée de nation et l'idée européenne. Moi qui suis un Européen, j'aime l'idée de nation française. Il importe de comprendre que les deux nations, allemande et française, ont leur dynamique propre et leur histoire.

(c) Mediapart

http://www.mediapart.fr/journal/france/151011/francois-bayrou-une-majorite-centrale-est-ineluctable


3.- Institutions et gouvernance

Quelle est l'urgence en 

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Bayrou propose d'augmenter la TVA

26 Octobre 2011, 23:00pm

Publié par MoDem-Colombes

http://waza.fr/wp-content/uploads/mvbthumbs/img_134755_fmi-lagarde-bayrou-setonne-du-soutien-de-dirigeants-du-ps-220x150.jpg

 

Face à la crise, François Bayrou estime qu’on "’ne s’en tirera pas en racontant des histoires aux français". Le président du MoDem pense que le budget de la France (qu’il n’a pas voté) ne sera pas appliqué tel quel car il repose sur des prévisions de croissance trop optimistes.

François Bayrou, qui s'est entretenu mardi soir avec Nicolas Sarkozy sur la question de la crise de la dette, a proposé mercredi 26 octobre à l'antenne de France Info une augmentation de la TVA de 2 points. "Il faudra diminuer les dépenses et augmenter les recettes de l'Etat pour arriver à retrouver peut-être un jour un début d'équilibre. Les Allemands ont augmenté la TVA de 3 points. Je propose qu'on l'augmente de 2 points. 2 points,  ça fait une vingtaine de milliards.  Mais il faudra aussi diminuer les dépenses publiques", a estimé le député des Pyrénées Atlantiques.

"Je suis en désaccord avec gouvernement, qui dit qu'il n'augmentera pas les impôts", a déclaré François Bayrou, qui s'est également opposé au programme du PS. "Ca n'est pas vrai qu'on pourra faire 300. 000 emplois jeunes sur fonds publics, ce n'est pas vrai qu'on pourra revenir à la retraite à 60 ans, il n'est pas vrai qu'on pourra recruter des dizaines de milliers de fonctionnaires" a-t-il fustigé.

"je dirai la vérité le matin, le midi et le soir"

"Cest une crise extrêmement grave et c'est le moment où nous allons trouver la réponse", a fait savoir la futur candidat à la présidentielle - en référence au sommet européen qui se tient ce mercredi - qui a jugé que "les réponses au coup par coup ne peuvent pas suffire, il faut une réponse d'ensemble qui soit celle de la zone euro".

"Il ne s'agit pas d'aider les grecs, l'euro : il s'agit d'aider la France. Un des pays qui a le plus à craindre d'une vague de soupçons ou de défiance à l'intérieur de la zone euro, c'est la France", a plaidé le député, qui s'est dit opposé au budget 2012 voté par le gouvernement. Remettant en cause les hypothèses de croissance sur lequel est basé le projet, "Je ne crois pas que ce budget sera apliqué tel quel", a-t-il jugé. "On ne se tirera pas de cette crise en racontant des histoires aux Français", a-t-il ajouté.

"La vrai question c'est comment faire pour s'en sortir ? Sur ce chemin je dirai la vérité le matin, le midi et le soir", a conclut le président du Modem

 

Entretien avec Nicolas Sarkozy sur l’Europe hier soir

"C’est une crise extrêmement grave […] Les réponses au coup par coup ne peuvent pas suffire […] il faut une réponse d’ensemble qui soit celle de la zone euro […] Une dette contractée par un Etat de la zone euro est une dette garantie par l’ensemble de la zone euro".

Le budget de la France (qu’il n’a pas voté)

"Je ne crois pas que ce budget sera appliqué tel quel […] Depuis quatre années, les décisions prises ont été insuffisantes […] On ne se tirera pas de cette crise en racontant des histoires aux français […] Je propose qu’on augmente la TVA de deux points".

Les propositions Parti Socialiste

"Ce n’est pas vrai qu’on pourra faire emplois jeunes sur fonds publics ; ce n’est pas vrai qu’on pourra revenir à la retraite à 60 ans […] Il n’est pas vrai qu’on pourra recruter des dizaines de milliers de fonctionnaires ; Il n’est pas vrai qu’on pourra créer des allocations générales pour tout le monde [...] Cela est un mensonge raconté aux français".

2012

"Tout le monde sait, il n’y a aucun mystère sur le fait que je serai présent dans cette élection"


Bayrou : "je propose qu’on augmente la TVA de 2... par FranceInfo

 

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Le MoDem aime le foot !

25 Octobre 2011, 13:49pm

Publié par MoDem-Colombes

 

A priori, ils n’étaient pas fait pour se rencontrer !

 

C’est Jérémie Janot, gardien de l'AS Saint-Etienne, 34 ans, qui un jour a décidé de prendre l’initiative et de contacter le leader du Modem afin de lui faire part de son admiration et de son souhait de s’engager en politique. Un message qui n’a pas tardé à trouver une oreille attentive en la personne de François Bayrou, qui s’est dit très heureux d’être là et qui a tenu à saluer son hôte en soulignant son courage et sa fidélité, deux qualités qui le caractérisent : « Il est populaire, mais ce n’est pas un hasard. Il a commencé sa carrière à Saint-Etienne, a joué à Saint-Etienne , la finira à Saint-Etienne et deviendra entraineur pour les gardiens à Saint-Etienne ! Il a donc non seulement des qualités sportives mais des qualités humaines et c’est ce que je privilégie avant tout ! Il montre qu’il y a des jeunes qui ont réussi et qui s’engagent. »

Du côté stéphanois, même engouement : Le gardien apprécie l’homme comme le discours : « il ne part pas en guerre contre quelqu’un mais pour la France ! ». « Cela me semble tout a fait naturel de m’engager, c’est l’occasion ou jamais pour moi de rendre ce que j’ai reçu . Je suis vraiment étonné par le buzz que ma décision a engendré. Il faut avoir le courage de ses opinions, je n’attends rien en retour, je le fais par conviction, je souhaite être utile ! Avoir un engagement citoyen est un geste banal. On dirait que cela s’est perdu. » Des commentaires qui n’entament pas la détermination du champion : « quand on est sportif de haut niveau, on est habitué à entendre des critiques !»

 

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Bayrou à 20h30 le Dimanche sur France 2

22 Octobre 2011, 23:00pm

Publié par MoDem-Colombes

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Dimanche 23 octobreLaurent Delahousse a reçu à la fin du JT de 20 heures François Bayrou, président du MoDem et député de la 2e circonscription des Pyrénées-Atlantiques.

 De 20h30 à 20h40 : émission "20h30 le dimanche", ce magazine d'information nous présente un éclairage original sur la campagne présidentielle française.

Rugby : Plus fier que triste.

Présidentielle : Je ne serai pas candidat d'une formation politique, mais de quelque chose de bien plus large.

Kadhafi : Il a rencontré son destin.

Hollande : Son programme ne sera pas appliqué : 300000 emplois jeunes, retrait à 60 ans, 60000 fonctionnaires de l'éducation, ...

Sarkozy et Hollande : l'un et l'autre disent qu'ils sont là pour battre l'autre.  Mais il est impossible de reconstruire notre pays si l'on ne peut pas faire travailler ensemble ses deux grandes sensibilités.  L'erreur est de croire que la vie politique se résume à la guerre entre la droite et la gauche.  Les gens de droite ne sont pas pestiférés ; les gens de gauche n'ont pas le choléra.  Il faut une majorité réformiste, une majorité centrale




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Institutions et gouvernance

22 Octobre 2011, 09:32am

Publié par MoDem-Colombes

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Quelle est l'urgence en matière de réforme institutionnelle, sur la pratique des pouvoirs, la présidentialisation, les problèmes de corruption, de financement?

L'urgence, c'est Montesquieu: la séparation des pouvoirs. On rétablit en France un parlement digne de ce nom, une justice indépendante, une presse qui ne soit pas sous influence directe du pouvoir.

Vous voulez parler d'un parquet indépendant?

Il faut une politique pénale, définie nationalement, et pas l'arbitraire. Le parquet doit donc être coordonné par une autorité, celle du ministre de la justice. Mais le ministre de la justice ne devrait pas être un membre du gouvernement comme les autres. Il devrait être confirmé par un accord au-dessus des partis, investi par le parlement à une majorité qui implique accord de l'opposition. Il devrait en contrepartie pouvoir faire l'objet d'une censure particulière. Là est l'instauration de la justice en tant que pouvoir reconnu par la constitution avec sa propre légitimité.

Deuxièmement, il faut rompre un certain nombre de dépendances économiques qui soumettent la presse à bien des influences économiques ou politiques. Cela veut dire qu'il faut traiter franchement de l'équilibre économique de la presse écrite. Pour moi cela doit se faire par la mise en place d'un fonds de financement indépendant alimenté par une taxe ad hoc, très faible dans son montant, par exemple sur l'économie numérique ou la pub... Ça ne coute pas très cher et c'est vital.

Troisièmement, il faut une loi électorale qui permette de rompre le lien de dépendance entre députés et exécutif.

En inversant le calendrier électoral?

Non, car ce serait entériner le bipartisme. Il est légitime et justifié que l'élection présidentielle, la seule où l'on peut changer le paysage politique, précède l'élection législative. Mais il faut une loi électorale juste. Cela peut se faire par l'introduction de la proportionnelle sur une partie des sièges: 4 sièges sur 5 au scrutin majoritaire, et 1 sur 5 à la proportionnelle correctrice. C'est à peu près le système allemand, qui donne au citoyen le pouvoir de choisir son élu, et qui donne leur place légitime à tous les courants d'opinion dès lors qu'ils atteignent 5 % des voix.

A propos du Parlement: d'après le site de l'Assemblée nationale, vous n'avez pas posé de question depuis février 2008. Vous n'avez fait aucune proposition de loi, vous n'êtes l'auteur d'aucun rapport, la dernière séance publique lors de laquelle vous êtes intervenu remonte à mars, si on excepte celle de ce mercredi 12 octobre, et votre dernière intervention en commission remonte à août 2008.

J'ai précisément posé une question importante sur la crise en zone euro cet après-midi même. Mais je suis un non-inscrit. Il n'y a pas de temps de parole pour les non-inscrits. C'est d'ailleurs une très grande injustice, contre laquelle les six députés non-inscrits protestent à chaque session.

Si, il y a un temps de parole pour les non-inscrits.

Non. Il y a une question tous les trois mois. Mais il est vrai que comme tous les leaders nationaux, je parle peu à l'Assemblée ayant heureusement la possibilité de participer au débat directement devant les Français. C'est exactement la situation qui fut celle de Nicolas Sarkozy, qui est celle de François Hollande... Quant à Martine Aubry ou Ségolène Royal, elles ne sont même pas membres de l'Assemblée. Cela montre bien que le rôle de l'Assemblée nationale est désormais très diminué.

Hors temps législatif programmé, vous pouvez pourtant vous exprimer à votre guise.

Je ne trouve pas que l'Assemblée nationale serve à quoi que ce soit.

Alors pourquoi êtes-vous député?

Pour représenter mes concitoyens pyrénéens, et défendre un courant de pensée qui autrement ne trouverait pas de place dans le débat national. Si je n'étais pas là, les 20 % de voix qui ont voté pour moi en 2007 n'auraient pas de représentation au Parlement. Or ils ont le droit, autant et plus que beaucoup d'autres, d'être représentés sur ces bancs.

Vous ne pouvez pas dire que vous voulez être élu et dire que l'Assemblée ne sert à rien...

Vous ne comprenez pas que l'Assemblée nationale ne sert à rien? Que le législatif est asservi à l'exécutif? Que les députés votent au claquement de doigts? Il faut que vous ouvriez les yeux et que vous appreniez à voir que la France n'est pas une démocratie de plein exercice. Si vous réfléchissez à ça, vous verrez qu'on a un problème : le parlement n'est plus un creuset de la démocratie.

Depuis quand?

Depuis la Ve République, sauf en 1986-88 parce qu'on était à la proportionnelle: il y avait Le Pen et des communistes à la tribune, un groupe important du centre, c'est-à-dire qu'il y avait une vie démocratique non contrainte.

 

3.- 

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Le projet du PS est insoutenable pour la France

20 Octobre 2011, 21:09pm

Publié par MoDem-Colombes

Le président du MoDem, François Bayrou, réagit à l'accélération de la crise et à l'investiture de François Hollande au PS.

La crise, avec la surveillance par Moody's de la note Aaa de la France, menace plus que jamais. Jugez-vous bonne la politique menée par Nicolas Sarkozy?

Il y avait une chose à faire, le premier jour, qui n'aurait pas coûté cher et qui aurait arrêté la crise. Il suffisait que l'Union européenne affirme que la dette contractée jusqu'à ce jour par les Etats de la zone euro était garantie par les institutions de la zone euro. La France aurait dû défendre cette thèse. Cela aurait rétabli la confiance et n'aurait pas coûté le prix exorbitant que la défiance généralisée va nous obliger àassumer. Le renouvellement des dettes à venir devait en revanche être conditionné à des réformes. Ce n'est pas ce qui a été fait. Une stratégie confuse collant à une politique allemande elle-même incertaine a conduit à la généralisation de la défiance.

L'UMP annonce la fin du Aaa en quelques heures si M. Hollande est élu président en 2012…

Il n'y a qu'une stratégie de redressement des finances publiques. Cette stratégie, c'est d'augmenter les ressources fiscales de l'Etat et de baisser un certain nombre de dépenses publiques. Une vingtaine de milliards doivent être économisés au niveau de l'Etat, une dizaine dans les collectivités locales et une vingtaine dans la Sécurité sociale. En ce qui concerne les ressources, je suis pour la création de deux nouvelles tranches de l'impôt sur le revenu: il faut relever à 45 % celle qui est actuellement à 41% et en créer une à 50 %. Il faudra peigner les niches fiscales d'une vingtaine de milliards d'euros et il faudra une augmentation de la TVA de 2 points.

La gauche est dans l'illusion quand elle dit: "Nous allons augmenter les impôts et cela nous permettra de faire de nouvelles dépenses publiques." La droite raconte des histoires quand elle dit: "Nous allons baisser la dépense publique sansaugmenter les impôts."

François Hollande se dit sensible à la question des déficits. Au fond, n'occupe-t-il pas, comme vous, le terrain du centre ?

Ce n'est pas un secret que j'ai de bonnes relations avec François Hollande. Mais il est engagé avec son parti dans un programme insoutenable pour la France. In-sou-te-nable ! Je vous le dis en détachant les syllabes. On ne fera pas 300 000 emplois jeunes sur fonds publics. On ne fera pas des recrutements de dizaines de milliers de fonctionnaires. On ne fera pas le retour à la retraite à 60 ans. On ne fera pas une allocation générale pour tous les étudiants. Tout cela additionné est une illusion meurtrière pour le pays. C'est un mensonge public.

Ne pas dire la vérité, c'est se condamner à des accidents à très court terme. En 2007, je disais qu'on ne pouvait pas continuer les dérives pendant les deux années après la présidentielle. Cela a été vérifié. Aujourd'hui, j'affirme qu'on ne pourra pas les continuer pendant deux mois.
 

Vous ne croyez donc pas aux intentions de M. Hollande?

Au fond de lui-même, je suis sûr, il n'est pas très éloigné de cette pensée. Mais les socialistes ont décidé d'une stratégie de séduction tous azimuts. Avoir fait voter 2,5 millions de personnes pour un programme qui ne sera pas appliqué, c'est pour moi une situation de malaise démocratique.

Sitôt investi, M. Hollande a fait une ouverture en direction des centristes…

François Hollande prétend que sa majorité peut aller des communistes, des écologistes, jusqu'aux centristes. Je vous le dis: cette majorité-là n'existera pas. Il y a deux thèses irréconciliables. Les uns disent: "C'est la faute du capitalisme, il faut démondialiser." Les autres sont réformistes. J'admets volontiers que M. Hollande est de la seconde famille. Mais une telle majorité qui engloberait les uns et les autres est impossible durablement.

Les événements vont imposer – quel que soit le vainqueur de la présidentielle – une majorité dans laquelle les réformistes de gauche, du centre et de la droite républicaine devront assumer ensemble la responsabilité du pouvoir. Aucune des deux majorités traditionnelles ne peut respecter le contrat que la nécessité imposera. La droite est sous la pression de la droite extrême, ou "populaire", qui flirte avec des thèmes europhobes et anti-immigrés, et la gauche est sous la pression des démondialisateurs. Avec d'étranges recouvrements entre les deux radicalités.

Les projections sur les législatives de 2012 prédisent une large victoire de la gauche. Quelle peut être la place du centre?

Aujourd'hui, la gauche est favorite. La vertu de l'élection présidentielle est qu'elle permet au pays de redessiner le paysage politique. La majorité qui sortira des urnes entraînera une majorité législative différente. Et lors de cette échéance, le courant central du pays, unifié, devra défendre lui-même ses convictions et ses candidats. Si je gagne, ce grand courant aura des investitures dans toutes les circonscriptions. Et il y aura un courant de rassemblement puissant.

Rassembler le centre semble déjà une mission délicate…

Le centre est en diaspora. Mais je crois que cette diaspora s'achève. Il y a des députés de la majorité actuelle qui dialoguent avec nous, tout comme des élus de centre gauche. Dans les familles divisées de cet ensemble au centre droit, la prise de conscience est en train de se faire qu'au fond il faudra choisir entre Nicolas Sarkozy et moi.

En 2007, nombre de vos soutiens ont rejoint la majorité pour assurer leur réélection. Pourquoi changeraient-ils d'avis ?

Tout le monde sait que l'UMP est un échec. Il faut reconstruire un centre indépendant. Je ne vais pas régler de comptes, je ne mettrai pas en accusation des choix passés. Les députés s'apercevront bien sûr que l'UMP ne peut plus êtrel'assurance de leur réélection.

Si vous n'êtes pas au second tour de l'élection présidentielle, que ferez-vous ?

Il y a quatre candidats possibles pour le second tour : Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy, François Hollande et moi. Trois – M. Sarkozy, M. Hollande et moi – peuvent être élus. Quatre dont trois ! La campagne électorale permettra aux Français de trancher. Après, il y a un second tour où chacun prendra ses responsabilités.

Ferez-vous connaître, cette fois, votre préférence ?

 Je prendrai mes responsabilités, et cette décision sera prise d'une manière collégiale.

Vous avez demandé plusieurs fois une part de proportionnelle dans le scrutin législatif. Est-ce la clé d'un accord ?

Je vous dis avec certitude qu'il n'est plus possible que plus de 50 % du pays soit exclu de l'Assemblée nationale. De l'extrême gauche au Front national, en passant par les écologistes et le centre, c'est la majorité du pays qui est exclue, ou obligée de faire allégeance pour avoir des sièges. Cette exclusion est honteuse. Faut-ilchanger cela après ou avant la présidentielle ? Si j'étais Nicolas Sarkozy, je me demanderais quelles sont les raisons de la fragilité politique dans laquelle nous sommes et j'ouvrirais, avant 2012, pour les élections qui viennent, le débat.

La perspective d'une vie démocratique dominée sans partage par le PS, qui, avec moins de 30 % des voix, pourrait occuper sans aucune exception tous les pouvoirs du bas en haut de la République, est malsaine. Jamais cela ne s'est produit dans la République.

La primaire des partis est maintenant achevée. Maintenant va commencer la vraie primaire, la primaire du pays. Les Français ont deux choix à faire: veulent-ils l'alternance ? Et, si oui, avec quel président, quel projet, quelle majorité ?

Ne craignez-vous pas que la crise n'augmente la polarisation de la vie politique, réduisant l'espace central ?

Comme à chaque élection présidentielle, on essaiera de réduire le débat à la bipolarisation. Et comme à chaque élection, nous ferons échouer cette tentative. J'affirme que notre potentiel électoral est plus important qu'en 2006.

Ne vous y trompez pas : beaucoup de Français veulent une alternance, ils veulenttourner la page Nicolas Sarkozy, mais ils ne veulent pas donner tous les pouvoirs au PS. Et par-dessus tout, ils veulent qu'on leur dise la vérité et qu'on leur propose un chemin crédible pour en sortir.

http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/10/20/francois-bayrou-le-projet-du-ps-est-insoutenable-pour-la-france_1590672_823448.html

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Bayrou prééminent sur le centre face à Hollande

20 Octobre 2011, 14:19pm

Publié par MoDem-Colombes

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Le candidat PS à la présidentielle François Hollande pourrait rogner sur l'électorat centriste, mais le MoDem de François Bayrou veut relativiser ce risque, assurant que seul son champion pourra réunir une large coalition des modérés de droite et de gauche face à la crise.
 

"François Bayrou a bénéficié ces derniers mois de deux miracles: le retrait forcé de Dominique Strauss-Kahn qui réduisait considérablement l'espace centriste, et celui de Jean-Louis Borloo qui prenait aussi sur son électorat de 2007", constate Frédéric Dabi (Ifop)

 

"Mais la victoire de François Hollande n'est pas une bonne nouvelle pour lui car le candidat socialiste exerce une attraction plus forte que ne l'aurait fait Martine Aubry sur l'électorat centriste", dit-il.


En effet, selon une récente étude, "Hollande prendrait 31% de l'électorat Bayrou de 2007 (soit 5 à 6 points) quand Martine Aubry n'en captait que 21% (3 à 4 points)", dit le politologue pour qui le candidat socialiste s'est "coulé dans le profil de DSK".
 

Au MoDem, on relativise "une perte très limitée" en estimant qu'elle sera largement compensée par les voix de déçus de centre-droit de Nicolas Sarkozy.

 

Conscient de sa force d'attraction sur le centre, François Hollande n'a cependant pas manqué dès dimanche soir de tendre la main aux amis de François Bayrou après avoir adressé un message identique aux écologistes et aux partisans de Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche).

 

"Il y en a d'autres qui ne savent pas s'ils sont de gauche, qui savent qui ne sont plus de droite, ce qui est déjà pas mal, et qu'il faudra bien accueillir le moment venu, s'ils le décident", a-t-il lancé.

 

"En fait, il nous explique que l'on ne sait pas où on est. Mais on est clairement au centre", a réagi mardi le porte-parole du MoDem Yann Wehrling en rappelant l'ambition de M. Bayrou de réunir derrière lui des modérés de droite et de gauche.
Pour le leader centriste, il n'y a en effet pas une mais deux gauches: "une gauche responsable", avec laquelle il souhaite travailler et "une gauche des illusions". Même analyse pour la droite, où il oppose les modérés à ceux qui lorgnent du côté de l'extrême-droite.

 

"La majorité que nous dessinons est bien plus large que celle proposée par François Hollande ou Nicolas Sarkozy et donc plus stable pour gouverner", a fait valoir Yann Wehrling.

 

Selon lui, M. Hollande a montré dans ses propos qu'il n'avait pas brisé "le mur de verre" séparant la gauche de la droite. "Il a simplement pensé que nous étions passés de son côté du mur, mais ce n'est pas vrai", a-t-il expliqué.

 

"Il a dit vouloir rassembler. Mais rassembler avec qui?", a demandé M. Wehrling avant d'apporter sa réponse: "un gros bout de l'aile gauche du PS".

 

"Il devient donc le candidat du projet socialiste", a-t-il constaté en dénonçant certaines de ses mesures "non finançables" (contrat de génération jeunes-seniors, emplois dans l'Education).
"Ce qui compte pour nous, c'est la cohérence. On ne peut gouverner en étant tiraillé entre des options réformistes et des options extrémistes, il faut faire un choix", a-t-il dit

 

Pour le MoDem, un seul homme peut réaliser cette union sacrée face à la crise: François Bayrou qui a fait la preuve de son indépendance et pourra donc prendre des décisions courageuses sans être l'otage des extrêmes.
"Et puis, il y a dans une présidentielle une confrontation de personnalités", souligne-t-on au MoDem où l'on parie sur le charisme et l'expérience de leur président, déjà candidat en 2002 et 2007.

 

S'il n'est pas au second tour, François Bayrou, qui a de bonnes relations avec François Hollande, a indiqué qu'il dirait son choix. L'instauration d'une dose de proportionnelle aux législatives sera au coeur des négociations.

 

(c)Le Parisien

 

http://www.mouvementdemocrate.fr/medias/wehrling-confpresse-hollande-181011.html

 

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Affaires et éthique politique

17 Octobre 2011, 23:00pm

Publié par MoDem-Colombes

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Quel rôle avez-vous joué pendant la campagne d'Edouard Balladur en 1994-1995?

J'étais ministre de l'éducation dans son gouvernement, et jeune président, depuis trois mois, de l'un des partis qui le soutenait, le CDS.

Vous étiez dans le comité politique de sa campagne. Avec Charles Pasqua, Philippe Léotard et Nicolas Sarkozy, vous faisiez partie de ceux qu'il voyait souvent: vous n'avez rien vu ou su du financement de cette campagne?

Je pensais que ces pratiques-là étaient celles des réseaux Chirac! Et je pensais que Balladur, c'était une tentative de sortir du chiraquisme et de ses pratiques. Sans doute certains signes, la présence du réseau Pasqua aurait pu et dû m'ouvrir les yeux, mais j'étais à mille lieues d'imaginer que des pratiques de cet ordre auraient pu s'installer chez les soutiens de Balladur. J'étais anti-RPR, j'étais engagé pour que précisément ces choses-là changent.

Comment réagissez-vous quand vous entendez Roland Dumas, à cette époque président du Conseil constitutionnel, expliquer que, contre l'avis des rapporteurs, il a tordu le bras aux autres membres du conseil constitutionnel pour valider des comptes invraisemblables?

Je l'ai dit il y a quelques mois lors de l'émission de Drucker, précisément à propos de cette décision incroyable du Conseil constitutionnel, en citant La Fontaine: «Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.» Les comptes de Chirac et de Balladur étaient, on le sait maintenant, signalés comme faux par les rapporteurs officiels, avec des éléments indiscutables.

Et dans la plus grande opacité, le Conseil constitutionnel, drapé dans sa vertu, décide d'ignorer les comptes signalés comme erronés des deux principaux candidats, mais il n'hésite pas le même jour et dans la même décision à condamner impitoyablement et à ruiner le plus petit des candidats: Jacques Cheminade. C'est exactement les «Animaux malades de la peste». C'est, par la plus haute autorité de notre pays, une décision qui a porté atteinte à l'équité la plus élémentaire.

Est-ce qu'il faut revoir les lois de financement des partis politiques?

Non, ce n'est pas la peine, il suffit de les respecter!

Est-ce qu'il faut renforcer la commission de contrôle de comptes de campagne?

Elle a déjà les pouvoirs nécessaires. Elle a les moyens d'exiger que l'on justifie la plus petite des factures et elle ne s'en prive pas. Et il n'est pas difficile de respecter la loi, dans sa lettre et dans son esprit. Dans le parti que je préside, pas un euro douteux n'est entré. Et on peut vivre. Notre budget est 10 fois moins important que le budget du PS et de l'UMP, on a un budget de 4 millions d'euros par an, et cela ne nous empêche pas de vivre, sobrement mais efficacement. Et de nous faire entendre.

Sur France Inter, interrogé sur les affaires et les possibles circulations de mallettes remplies de billets, vous déclariez: «Lorsque des propositions de cet ordre m'ont été faites, les porteurs de valises se souviendront assez longtemps des réponses qu'ils ont entendues.» Sans en dire plus. Vous refusez d'aller plus loin dans la dénonciation. Pourquoi?

J'ai dit les choses clairement ; quand des propositions vous sont faites, vous proposant des financements qui sortent du cadre de la loi, mais ne vous demandant bien entendu rien en échange, du moins provisoirement, quand on vous dit «Cher ami, nous pouvons vous aider», si vous refusez, au grand étonnement des tentateurs, si vous dites simplement non, il n'y a pas de délit.

Vous en dites trop ou pas assez...

J'ai dit exactement ce qu'il fallait dire. Les journalistes en face de moi m'objectaient que ces affirmations sorties dans la presse sur les financements occultes pouvaient être, après tout, des imputations sans réalité. J'ai répondu : «Non, excusez-moi, ce ne sont pas des imputations sans réalité.»J'ajoute que quand j'ai eu le sentiment que la sécurité du territoire était en jeu, j'ai immédiatement averti les services de l'Etat, et je leur ai communiqué les éléments en ma possession.  

 

3.- 

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La primaire, les alliances et la «majorité centrale»

15 Octobre 2011, 23:00pm

Publié par MoDem-Colombes

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Comment regardez-vous la primaire du PS et avec qui pensez-vous qu'il serait plus facile de discuter d'un éventuel accord politique: François Hollande ou Martine Aubry?

François Bayrou.- Poser la question en ces termes de ralliement, ce serait accepter l'idée que la vie politique française se résume au duel PS/UMP, et que si l'on n'est pas pour l'un, il faut nécessairement se rallier à l'autre. Or j'ai défendu et je défendrai sans cesse une vision dans laquelle la vie politique française ne doit pas être réduite à un affrontement de la gauche et de la droite, et a fortiori, du PS et de l'UMP.

La France a droit au pluralisme, elle n'est pas condamnée au bipartisme. Il faut sortir de l'affrontement PS/UMP et on ne peut le faire qu'à l'élection présidentielle. Cela a toujours été ma proposition. Aujourd'hui, c'est devenu une obligation. Car la crise impose une politique nouvelle qui ne peut être portée par aucune des deux majorités qu'on nous présente comme obligatoires.

Pourquoi ? Parce que chacune des deux majorités impose d'abord une France coupée en deux. Toute réforme est combattue immédiatement par l'opposition. En temps de crise aiguë, cela rend le gouvernement impossible. Et de surcroît chacun des deux camps est lui-même coupé en deux : la droite, sous pression d'à peu près la moitié de ses soutiens, est tentée par des thèmes les plus extrêmes, sortir de l'euro et chasser les immigrés. Et la gauche, à peu près pour 50 % des siens, nous annonce la démondialisation. Ces illusions dangereuses sont incompatibles avec la politique qu'il faut suivre.

Il n'y a qu'une majorité nécessaire pour le pays, une majorité à mes yeux inéluctable, c'est la majorité centrale. Dans le moment que nous vivons, cette majorité, qui unira le centre gauche et le centre droit, est la seule à même de remplir les trois objectifs qui me paraissent nécessaire pour la nation : produire, instruire et construire une démocratie digne de ce nom.

À l'élection présidentielle, chaque candidat se présente avec ses trois différences : sa personnalité, son projet et sa majorité. La majorité qui est la mienne, que j'appelle majorité du courage, est une majorité centrale.

Justement, dans le cadre de cette «majorité centrale» que vous défendez, cette question a tout son sens: qui des candidats socialistes, dont vous avez dit de certains qu'il y avait des compatibilités d'idées, notamment avec Manuel Valls, donc qui, de Hollande ou Aubry, vous semble le plus proche – ou le moins éloigné – de vos idées?

Je n'ai pas à choisir entre les deux candidats. Quand on a abordé la question des causes de la crise aiguë dans laquelle la France se trouve, on a cherché des boucs émissaires, d'autant plus commodes que personne ne les identifie: les banques ou les marchés financiers. Tout cela fait que l'attention publique ne se porte pas sur les vraies questions, les vraies faiblesses du pays, les raisons qui expliquent que la France ne produit plus, que les ressources du pays sont dirigées en hémorragie continue vers les économies qui nous entourent.

Voilà pour moi la thèse principale qui devra être celle de la majorité centrale: les problèmes ne viennent pas de l'extérieur du pays, mais de chez nous. Chercher les problèmes à l'extérieur, c'est détourner l'attention des vraies questions.

Ce n'est pas ce que disent Martine Aubry et François Hollande...

Pour des raisons électorales, ils ont accrédité tous deux les affirmations de Montebourg et s'en sont fait l'écho. Tout cela risque de détourner le pays des véritables choix, des décisions à assumer. Tous les pays qui nous entourent ont la même monnaie, les mêmes banques que les nôtres. Or nous sommes en grave déficit avec chacun d'entre eux : Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas.

Est-ce que les écologistes d'EELV peuvent être dans cette majorité centrale, quand on voit leur engagement européen et leur action parlementaire?

Pour la moitié d'entre eux, sans aucun doute. La sensibilité Cohn-Bendit me paraît réaliste. Mais ce qui me semble se développer majoritairement chez les Verts, c'est une idéologie d'évitement des réalités du pays. Le fond du débat qui sépare le clan Cohn-Bendit du clan altermondialiste, c'est précisément ce sujet-là.

Je me permets d'insister: je vous parle Hollande, Aubry, Valls, vous me répondez Montebourg.

Je ne vous répondrai pas sur Hollande, Aubry, Valls. Un de mes troubles de ces derniers jours, c'est de voir Hollande et Aubry ramer derrière Montebourg.

Pourquoi dites-vous qu'il faut une majorité centrale du centre droit au centre gauche pour reconstruire ce pays quand vous voyez chaque camp s'organiser, notamment la gauche, sans prendre en compte ce centre?

Il n'y a pas une gauche, mais deux. Parler de «LA» gauche est une illusion, dont Montebourg joue avec maestria. Il y a la gauche responsable qui sait, même si elle ne le dit pas, la dimension des efforts à consentir pour reconstruire le pays. Et il est une autre gauche, qui nous a bercés de l'illusion, avec une partie de la droite, que la dette était sans conséquences, qu'un État était indéfiniment solvable, qu'il suffisait de changer l'ordre économique mondial pour que les choses aillent mieux, qu'au fond nous étions des victimes.

Cette gauche-là se trompe, en tout cas trompe les citoyens. Et la partie de la droite qui pense comme elle se trompe aussi.

La France a tous les atouts pour redevenir un pays créatif, créateur, actif, producteur, éducateur, mais cela ne dépend pas d'une révolution mondiale : cela dépend de nous et ne peut se construire que sur le socle de la lucidité et du courage. À cette lucidité, à cette majorité centrale, on viendra inéluctablement, quel que soit le vainqueur de la présidentielle.

Simplement on y viendra de manière plus simple, saine, franche, loyale, ouverte, plus entraînante, si c'est dans le contrat qui élit le président que si c'est, au contraire, dans une situation de recul après l'échec, probable et très proche, de la majorité qui serait élue sur ce mensonge. C'est en quoi ma proposition est originale. Ce n'est pas du tout un entre-deux entre la gauche et la droite, c'est exactement le contraire. C'est l'affirmation qu'il faut une majorité nouvelle dans le pays.

Et en même temps, vous voyez bien, à gauche et à droite, même si à droite la crise est manifeste, que les dispositifs, thèmes et organisations de campagne sont choisis pour ne pas parler du centre.

Ils ne parlent que de ça en vérité! Martine Aubry dit qu'on ne peut pas lutter contre une droite dure avec une gauche molle, et François Hollande répond «mais c'est vous qui gouvernez Lille avec le centre». Donc cette question est présente dans les esprits. Parce que c'est une question lourde de sens.

L'équation politique qui mettrait dans la même majorité Joly, Mélenchon, Hollande ou Aubry est une tromperie, puisqu'ils sont en désaccord sur l'essentiel: est-ce que les problèmes viennent de nous ou de la mondialisation? S'ils viennent de la mondialisation, il faut convoquer l'ONU, l'OMC, etc., et dans dix ans on y est encore. Simplement, on mettra en accusation les grandes méchantes puissances financières qui ne veulent pas que ça bouge.

Or, j'affirme que ce n'est pas à cause de la mondialisation que notre éducation ne marche pas, que nous ne fabriquons plus d'électroménager ou de textile. Ce n'est pas à cause de la mondialisation que nous sommes en retard sur le photovoltaïque ou la biomasse, c'est parce que nous n'avons pas fait ce qu'il fallait en interne, chez nous, sur notre sol. Commençons donc par chez nous. 

Donc avec une gauche fracturée en deux, vous pouvez gouverner avec une partie de cette gauche?

Oui.

Et à droite?

Les élus de l'UMP sont dans l'angoisse de ce qui va leur arriver parce qu'ils sentent bien la désaffection du pays. Un certain nombre d'entre eux regardent du côté de la puissante extrême droite qui pourrait se manifester dans les urnes. Et il y a des gens qui, au contraire, disent: «Au fond, vous aviez raison et en effet les critiques sans concession que vous aviez faites sur les premières années de pouvoir de Nicolas Sarkozy étaient justifiées et peut-être pouvons-nous réfléchir désormais à votre approche, conciliable avec l'état du pays.»

Cette idée de majorité nouvelle avance dans les esprits. La plupart des dirigeants socialistes savent bien qu'ils ne pourront pas gouverner avec la partie radicale de leur majorité, puisque cette gauche de la gauche attend une politique qui ne pourra être suivie. On peut affirmer qu'on va changer le monde, les banques, le capitalisme, les marchés, l'ONU et l'OMC, d'ailleurs dirigée par l'un des leurs, je le rappelle au passage... (il s'agit de Pascal Lamy - ndlr).

Mais la vérité, c'est qu'il faut commencer par s'occuper de la maison, et je rappelle que c'est ça que veut dire le mot «écologie» : s'occuper de la maison.

Expliquez-nous pourquoi il y a cette impossibilité à construire cette majorité centrale?

Parce que personne, depuis des années, ne l'a proposée et ensuite parce que les institutions n'ont jamais été pensées pour permettre le pluralisme. Je rappelle que De Gaulle avait défendu une idée de cet ordre, d'une majorité au-dessus des affrontements partisans. Mais depuis lors, tout cela a été oublié. Alors, quand les choses vont bien, quand ce sont les Trente Glorieuses, quelle importance que le pouvoir passe indéfiniment de la droite à la gauche. C'est un peu plus d'impôts d'un côté, un peu moins de l'autre, un peu plus de redistribution, un peu moins, mais c'est surtout le moyen de changer les équipes, et souvent pour faire la même politique: je me souviens de Fabius expliquant que les impôts pouvaient faire perdre la gauche.

Mais aujourd'hui, on a le devoir de conduire, je le dis dans mon livre, une politique de guerre, car on est exposé à l'étranglement du pays, au fait que plus un jeune ne trouve un emploi. Alors, pour s'attaquer à cela, on a besoin d'une majorité nouvelle. Autrefois on aurait dit d'union nationale. Mais le mot est trompeur car il laisse croire qu'on peut mettre des communistes et des Front national dans un même gouvernement, ce qui n'est pas mon projet. C'est une union de reconstruction, une union du courage. Et c'est la seule issue crédible.

Pour cette majorité centrale, quand commencez-vous à discuter pour la constituer? 

Ça ne peut se faire que quand les Français se seront prononcés à l'élection présidentielle, après le premier tour qui sera en vérité le tour décisif. Pas avant, parce que si vous vous enfermez dans des négociations, si vous commencez à envisager les conditions d'un ralliement, si vous acceptez de plier, vous disparaissez du paysage politique.

Vous avez lu ce que disent les observateurs: vous vous rapprocheriez ces derniers mois de Sarkozy et de l'UMP?

C'est aux antipodes de ma démarche et ils le savent bien.

Finalement, à vous écouter, pourquoi n'auriez-vous pas été le 7e homme de la primaire, puisqu'il y avait Jean-Michel Baylet, du Parti Radical de gauche?

Parce que je n'accepte pas le bipartisme, je ne fais pas allégeance à la gauche. Je n'appartiens pas au PS, je dénonce ses ambiguïtés et souvent son sectarisme. Vous croyez que j'aurais fait tout cela, cette décennie de combat, y compris contre des gens que je respecte, pour construire une indépendance, et que je renierai ces années et ces efforts, pour aller dealer avec les uns ou avec les autres ?

Ni de près, ni de loin, ni aujourd'hui, ni demain, je ne dealerai avec qui que ce soit, parce que pour moi, tout doit être clair et transparent aux yeux des Français. Je défends une majorité nouvelle, et je veux donc en débattre contre les deux majorités traditionnelles, qui l'une et l'autre, sont et seront dans une situation d'impasse et d'impuissance.

Contrairement à 2007, vous vous prononcerez pour le second tour? 

Si jamais je n'étais pas au 2nd tour, et je ferai tout pour y participer, je me prononcerai.

C'est un regret, une leçon à propos de votre choix de 2007?

En 2007, j'ai annoncé publiquement que je ne voterais pas Nicolas Sarkozy, au point que la plupart des élus de notre mouvement se sont offusqués et sont partis rejoindre le pouvoir. Ce ne fut pas facile. Au fond de moi, j'avais aussi la certitude que Ségolène Royal ne pouvait pas faire la politique nécessaire.

En 2012, vous ferez plus que ça?

Oui. Des millions de Français, plus nombreux qu'il y a cinq ans, attendent une alternance sans ambiguïté, mais une alternance qui ne se réduise pas au Parti socialiste. C'est dans ce combat que je suis engagé et je l'assumerai.

 

3.- 

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