Avec les centristes, tout devient possible. Cinq ans après leur rupture de 2007, les députés fraîchement réélus du Parti radical valoisien, du Nouveau Centre, du
MoDem et de l'Alliance centriste de Jean Arthuis se sont retrouvés pour créer avec Jean-Louis Borloo l'«Union des démocrates et indépendants». Le patron des Valoisiens, pas peu fier de l'exploit, l'a
annoncé mardi après-midi à l'Assemblée. «On disait que le centre était mort, émietté, explosé!, a-t-il
rappelé. Eh bien, il est là et il commence à se reconstruire.»
Question doctrine, les ingrédients de base sont «les mêmes» que ceux qui ont permis au centrisme de se survivre à lui-même d'une République à l'autre, «avec la
dimension écologique en plus», a précisé l'ancien ministre. Selon lui, cette résurrection d'une «forme moderne et écologique de l'UDF» survient à point nommé pour occuper «une position
sociologique qui méritait un groupe» à l'Assemblée.
«Une forme de leadership»
Politiquement, l'UDI se situe «dans l'opposition évidemment». «On aura des convergences avec nos amis de l'UMP», a précisé Jean-Louis Borloo. Président de ce
nouveau groupe, il a implicitement reconnu mercredi matin sur Europe 1 qu'il était le nouveau leader du centre, après notamment l'échec de François Bayrou aux législatives. «D'une certaine
manière, en ayant été élu à l'unanimité, ça y ressemble», a-t-il expliqué, ajoutant aussi: «Je reprends le flambeau.»
Une chose est sûre: Hervé Morin ne participera pas à ce «leadership». Le président du Nouveau Centre s'est fait proprement déborder. Dimanche, après le résultat
du second tour des législatives, il avait annoncé la création d'un «groupe parlementaire indépendant». «Je
veillerai à ce qu'il soit soudé et cohérent», assurait-il.
Mardi midi, invité du «Talk-Orange-Le Figaro», il envisageait de créer un
groupe centriste autonome «avec Jean-Louis Borloo». Deux heures et un déjeuner avec des élus du Nouveau Centre plus tard, Morin s'est résigné, comme tout bon chef, à suivre ses troupes. Il l'a
dit à l'ex-ministre de l'Environnement quand ils se sont croisés à l'Assemblée. «On n'est pas à la chasse ni à la pêche, a commenté Borloo. Si Morin est là, on sera content.» Au total, sept
députés NC ont adhéré à l'UDI. Parmi eux, l'expert budgétaire Charles-Amédée de Courson, qui explique: «Il y avait des centristes dans cinq groupes. Pour peser, il fallait nous rassembler au
maximum.»
Vers un parti?
Cinq autres sortants NC s'étaient rapprochés de Jean-Louis Borloo avant les législatives, voire dès la présidentielle: François Sauvadet, président du groupe NC à
l'Assemblée sous la précédente mandature, qui devient vice-président du nouveau groupe UDI ; Jean-Christophe Lagarde, théoriquement toujours numéro deux du NC et probablement futur
porte-parole de l'UDI, et les députés André Santini, François Rochebloine et Maurice Leroy.
Rejoint par les deux députés de l'Alliance centriste de Jean Arthuis et par le député maire de Neuilly-sur-Seine Jean-Christophe Fromantin, Borloo devrait aussi
recevoir le renfort des deux rescapés du MoDem, Jean Lassalle, seul député de la majorité sortante réélu dans les Pyrénées-Atlantiques, et Thierry Robert, de la Réunion, qui a fait son
retour à l'Assemblée.
L'UDI annonce aussi des ralliements des centristes de l'UMP, dont Henri Plagnol (Val-de-Marne) et Bertrand Pancher (Meuse). Marc-Philippe Daubresse a décidé de
rester à l'UMP, dont il est l'un des deux secrétaires généraux adjoints. Les centristes «indépendants» espèrent faire de nouvelles recrues à l'occasion de la transformation de l'UDI en parti,
qui pourrait être annoncée juste avant l'été et se concrétiser à la rentrée.
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