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Le Blog du MoDem de Colombes

Européennes : les Jeunes Démocrates du 92 font le bilan

30 Juin 2009, 09:12am

Publié par MoDem-Colombes

Toutes les instances du Mouvement Démocrate sont actuellement en ébullition et tentent d'analyser l'échec de cette dernière campagne européenne.
Comme l'affirmait F.Nietsche, Ce qui ne tue pas rend plus fort.
Ainsi, les Jeunes Démocrates des Hauts-de-Seine veulent poursuivre leur engagement, en tentant de comprendre les erreurs commises, et de déterminer les failles de notre organisation.

 

Loin du score espéré, le résultat des élections européennes est l’occasion de  s’interroger sur les raisons d’un tel échec. Les Jeunes Démocrates des Hauts-de-Seine ont tenu à participer à cette réflexion collective et ont souhaité faire part de leur impression sur une campagne difficile.
Le premier vainqueur a été l’abstention. À près de 60%, les français se sont  désintéressés de ce scrutin pensant, sans doute, que l’Europe est une affaire qui s’organise entre Etats, bien loin de leurs préoccupations quotidiennes. Deux facteurs nous semblent expliquer un tel désintérêt.

 

D’une part, une construction européenne qui semble ne pas correspondre aux  attentes des français. L’exemple du traité de Lisbonne semblant d’ailleurs en partie leur donner raison. 
D’autre part, le rôle des médias qui n’ont eu qu’un intérêt modéré pour les  considérations européennes, du moins, tant que l’UMP ne s’est pas mise en campagne. Les questions européennes semblaient, en effet, accessoires face aux polémiques et aux conflits de personne. L’altercation entre Daniel Cohn-Bendit et François Bayrou en est une parfaite illustration tant sa couverture médiatique a éclipsé l’ensemble des sujets abordés lors du débat télévisé.

Enfin, la plupart des partis nationaux n’avaient pas réellement de programme conçu en commun avec les formations politiques avec lesquelles ils siègent au parlement européen.

L’abstention implique donc que nous nous interrogions sur nos modes de communication et sur les moyens que nous devons à l’avenir mettre en œuvre pour intéresser les citoyens et principalement les plus jeunes d’entre nous (seulement 19% de participation pour les 18-34 ans).

Le deuxième vainqueur semble avoir été la liste Europe Ecologie. Le fruit semblant mûr pour un tel résultat, les préoccupations écologiques n’ayant jamais été aussi fortes. Le mouvement démocrate n’a pas su s’approprier les questions écologiques alors que certains de ses représentants avaient la légitimité pour le faire. Mais, ce vote, que l’on pourrait qualifier de « vote de conscience tranquille » peut-il se maintenir sur le long terme et principalement lors d’élections locales et nationales ?

À chaque vainqueur, ces perdants, et malheureusement nous sommes de ceux-ci. Par soucis de lisibilité, les Jeunes Démocrates des Hauts-de-Seine ont entendu différencier la campagne nationale de la campagne locale.

 

Une campagne nationale difficile, marquée par la prééminence d’un discours non européen.

 

La capitalisation du succès du livre « Abus de pouvoir » semble avoir décentré la campagne médiatique des considérations européennes. Nos représentants et le premier d’entre eux, n’ont pas fait preuve de pédagogie pour expliquer le fonctionnement des institutions européennes qui en aurait pourtant eu bien besoin.

Le ton de la campagne s’est principalement centré sur des considérations nationales. 
Si cette situation a avantagé les partis sans réelle fibre européenne, cela a desservi le MoDem qui n’a pas su, contrairement à Europe Ecologie, recentrer le débat politique. Nous n’avons donc pas su suffisamment communiquer sur notre projet.

François Bayrou a été trop mis en avant alors qu’il n’était pas candidat. S’il était un soutien indispensable pour nos représentants, il aurait été préférable que ceux-ci soient plus présents dans les médias nationaux, même si pour ce faire, il aurait été nécessaire de les imposer. Nos affiches officielles de campagne en sont une autre illustration. Les Jeunes Démocrates avaient pour leur part tenté de recentrer le message en réalisant des affiches arborant comme slogan « L’Europe, on l’a dans la peau. Unis dans la diversité » et sur lesquelles figuraient de nombreuses personnes porteuses du message européen.

Le Mouvement Démocrate doit donc à l’avenir tenter d’imposer de nouveaux visages dans les médias. Tout homme n’étant pas infaillible, François Bayrou ne peut continuer à donner l’image d’un homme seul appuyé par un MoDem sans consistance. La personnalisation du parti allant à l’encontre de l’idée que les militants  et sympathisants ont du MoDem, à savoir celle d'un mouvement organisé et structuré autour des idées défendues par François Bayrou. La collégialité et la transparence doivent nécessairement s’imposer au niveau national de la même façon que cette règle s’applique au niveau local.

Enfin, la hiérarchisation excessive de l’organisation de la campagne électorale a concentré les prises de décisions entre quelques personnes au détriment des fédérations départementales et des sections. Cette situation a nui à notre réactivité.

Sans doute aurait-il été préférable de désigner des directeurs locaux de campagne, plus aptes à organiser les actions et fédérer les sections. Il semble donc nécessaire d’accorder une plus grande autonomie aux instances locales en leur laissant l’initiative d’organiser les événements qui leurs semblent les mieux adaptés à leurs  spécificités locales. Cela aurait sans doute permis de responsabiliser un plus grand nombre d’adhérents.

 

Une campagne locale marquée par un manque de synergie entre les différents acteurs.

 

Au niveau local, notre principal moyen de communication aura été les cafés démocrates. A fortiori, une très bonne idée, mais qui a mis les sections en ébullition sans pour autant que cela soit bénéfique, notamment en raison des difficultés liée à l’organisation de tel événement. De plus, leurs multiplications et leurs fréquences  n’ont, semble t’il, pas permis une réelle concertation sur les thèmes abordés qui étaient d’un intérêt inégal et parfois même pas directement en lien avec les questions européennes. Le tout agrémenté d’un fort consensus, dû au grand nombre de militants MoDem en comparaison des non-militants. Cette situation a limité les effets  des cafés sur l’électorat qui ne nous était pas déjà acquis.

Les cafés démocrates ont donc manqué leur objectif. Il aurait été sans doute préférable d’en faire moins, ce qui aurait permis de mieux les organiser. Cela aurait aussi incité les sections à travailler de concert et ainsi permis de créer une réelle synergie entre-elles. On peut, au demeurant, s’interroger sur la formule des cafés  démocrates qui ne correspondait peut-être pas au mode de scrutin et au type de campagne à mener. Nous pensons qu’il aurait été préférable de recourir à un directeur local de campagne chargé d’organiser les manifestations lui semblant les plus pertinentes en concertation avec les présidences des sections.

Il semble donc nécessaire d’accentuer les liens entre les différents acteurs MoDem du département afin de mener des actions communes et concertées, le tout coordonné par un directeur local de campagne. De même, qu’il faut envisager des modes de communication et d’échange d’information entre les différentes fédérations départementales.

Quant à la campagne menée au niveau du département, certains militants déplorent l’organisation beaucoup trop tardive de la formation tractage et l’absence de formation sur la conduite à tenir lors d’une campagne de terrain. Les instances départementales ont sans doute été débordées et n’ont pas eu les moyens d’anticiper les échéances qui se profilaient. Le manque d’encadrement semble d’ailleurs avoir dissuadé certains militants à plus s’investir.

Les Jeunes Démocrates, pour leur part, ont eu du mal à mobiliser les jeunes adhérents. Sans doute que la proximité des examens et l’implication importante de certains au sein de leur section explique en partie cette situation. Toutefois, le bureau des Jeunes Démocrates des Hauts-de-Seine déplore une certaine lourdeur  dans l’organisation même de la campagne électorale qui a pénalisé la mise en place d’actions concertées. A été relevé notamment le manque d’information et de communication à l’égard des jeunes pour leur faire prendre conscience de l’importance du scrutin. La distribution tardive des tracts et la communication  relativement tard des dates des événements sont autant de facteur qui n’ont pas permis de mobiliser, à temps, nombre de jeunes militants. Il a aussi été relevé un manque de coordination entre le mouvement départemental et le mouvement des jeunes nationaux qui, les mêmes jours, nous demandaient de mener différentes actions.

Voici donc, en substance, le ressenti des Jeunes Démocrates des Hauts-de-Seine, adhérents et sympathisants.
Bien entendu, ce résultat ne doit pas nous démobiliser,
ni même nous faire renoncer à nos idées et à nos valeurs. Nous devons néanmoins en tirer des leçons pour les scrutins à venir afin de mettre en place une organisation de campagne pertinente et efficace.

http://www.jeunesdemocrates92.fr/site/index.php

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Jacques Bodécot 30/06/2009 16:02

Analyse remarquable de lucidité.L'auteur de la synthèse a raison de souligner que les programmes présentés par les partis nationaux n'étaient pas conçus en commun avec les formations politiques avec lesquelles elles siègent au Parlement européen. Il fallait même vraiment chercher sur beaucoup de professions de foi et d'affiches, de quelles formations ces partis sont-ils les membres. S'agissant d'élections européennes, j'irai même plus loin. C'est au nom de ces formations transversales que les partis des pays de l'Union devraient faire campagne. Ce qui explique peut-être un partie du succès (relatif) d'Europe écologie qui ne cachait pas sa supra nationalité.Quant à imposer de nouveaux noms dans le paysage médiatique: oui, oui et encore oui. Les campagnes d'aujourd'hui se jouent à la télé. Ne rêvons pas trop sur l'influence des tracts qui finissent sans être lus dans les poubelles (bleues ou jaunes) en compagnie des pubs de supermarchés, encore qu'il soit important que ceux qui les distribuent puissent être vus, reconnus et dialoguer avec les citoyens qu'is rencontrent. Et ne fantasmons pas non plus sur l'Internet dont les sites politiques ne sont consultés que par une minorité convaincue et motivée. Le MoDem ne doit pas être que François Bayrou, même si évidemment il n'est pas question de se passer de lui. Le mouvement doit envoyer dans les débats médiatiques des gens plus affutés techniquement sur le sujet à débattre plutôt que son responsable suprême qui ne peut être omniscient. Concernant l'Europe, Marielle de Sarnez était plus covaincante, et sans doute plus compétente, que F. Bayrou.