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Le Blog du MoDem de Colombes

Articles avec #le projet de francois bayrou

Résolution française, le prochain livre de François Bayrou

29 Janvier 2017, 01:25am

Publié par MoDem-Colombes

Extraits du prochain livre de François Bayrou Résolution française

Parution le 1er février 2017 aux Éditions de l’Observatoire

« C’est un livre lucide et incroyablement optimiste. Quand les débats électoraux se perdent en innombrables mesures technocratiques, François Bayrou présente une vision d’ensemble. Il va droit à l’essentiel des choix à faire pour notre avenir. Il n’élude aucun problème, il affronte toutes les difficultés à visage découvert. L’identité française, notre modèle de société, les moyens de restaurer l’unité du pays et de recharger l’énergie qui le fait vivre, la souveraineté réelle pour la France et pour l’Europe, l’immigration, les religions et parmi elles l’Islam, la laïcité, l’éducation, la sauvegarde de la planète, toutes les questions qui inquiètent et passionnent la France reçoivent une réponse de fond. Résolution, le mot dit la volonté, les choix qu’on décide et qu’on peut tenir, les solutions aux problèmes, et la sortie des conflits inutiles. Cette résolution française, c’est la chance d’un nouveau départ. François Bayrou, président du Mouvement démocrate, est maire de Pau.

Les « bonnes feuilles »

L’entretien accordé par F. Bayrou au Point

Résolution française, le prochain livre de François Bayrou
Résolution française, le prochain livre de François Bayrou

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Le redressement est une chance et le rassemblement, une condition préalable à une politique courageuse

21 Janvier 2017, 15:22pm

Publié par MoDem-Colombes

 

 

 

 

 

 

 

Le Conseil départemental du Mouvement Démocrate des Hauts-de-Seine s’est réuni en ce début d’année pour examiner la situation politique et préparer les prochaines élections présidentielles et législatives.

Nous affirmons d’abord que nous souhaitons clairement l’alternance à un pouvoir dont le Président sortant est dans l’incapacité de défendre lui-même son propre bilan. Nous constatons en même temps qu’un grand nombre des électeurs centristes, et plus largement de sensibilité modérée, ne se retrouvent pas dans les programmes présentés pour l’heure aux Français.

C’est pourquoi François Bayrou a lancé une réflexion intitulée « 2017 pour les Français » dont l’objectif est de parachever le projet d’avenir permettant de recréer une société unie et solidaire.

Rappelons que nous croyons à :

  • Une économie de plein-emploi qui permette le développement social, intègre pleinement la révolution numérique et place le développement durable au premier plan,
  • Un système éducatif qui réduise les inégalités, place haut l’exigence culturelle et permette l’accès à une formation pour tous,
  • Une Europe organisée, mieux intégrée, politiquement responsable devant les peuples, qui protège les Français, nos valeurs et notre modèle de société,
  • La nécessité de renouveler les pratiques politiques pour régénérer la vie démocratique et rétablir la confiance entre les Français et leurs élus.

Nous pensons que le redressement est une chance, pas une épreuve, un horizon qui s’ouvre pour tous, un espoir qui revient, notamment pour les jeunes.

Aussi, nous affirmons que le rassemblement n’est pas synonyme de réformisme timoré ou de demi-mesures mais qu’il est la condition préalable à une politique courageuse. La force de ce rassemblement permettra de mener les grands chantiers qui débloqueront le pays, pour sortir de l’impasse dans laquelle la France se trouve.

Sur ce chemin vers l’alternance, nous invitons les habitants des Hauts-de-Seine à enrichir par leur contribution le projet que nous portons pour la France.

David Lefèvre, Président du MoDem 92, les élus et les membres du Conseil départemental du MoDem 92.

Le redressement est une chance et le rassemblement, une condition préalable à une politique courageuse

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F. Bayrou : "Je ne crois pas à la théorie du choc ou du grand soir"

7 Décembre 2016, 23:02pm

Publié par MoDem-Colombes

 
Les Échos - Au lendemain de la primaire de la droite et du centre, quelle est votre position ?

François Bayrou - Ma première conviction, c’est qu’il faut une alternance : les cinq années du Parti socialiste au pouvoir ont montré tant d’insuffisances qu’elles méritent sanction. Les Français ne peuvent pas laisser le PS au pouvoir. Ils n’en ont d’ailleurs aucune intention. Par ailleurs, il se trouve que j’ai pour François Fillon qui a été sélectionné une  vraie estime et une amitié éprouvée. Mais j’éprouve en même temps de grandes inquiétudes à propos du programme qu’il a présenté, et dont je considère qu’il fait peser un risque non seulement sur l’après-présidentielle, mais même directement sur l’issue de l’élection.

Trop libéral ?

La réponse que ce projet apporte à la crise est problématique. Il me semble que la référence réitérée à Mme Thatcher est très risquée. Pas seulement en raison de la brutalité de la politique, mais surtout parce qu’elle est inadaptée.  L’histoire nous l’apprend : nous avons connu trois grandes crises économiques dans le siècle passé. La crise de 1929, la crise de la fin des années 70, et la crise héritée de 2008. Or ces trois crises sont de nature radicalement différente. La crise des années 70 était une crise d’hyperinflation.  Lorsque Thatcher arrive au pouvoir, l’inflation est ente 15 et 18 % l’an, 1,5 % par mois ! Devant une telle flambée, il est adapté de casser l’inflation à tout prix. C’est ce qu’a fait la « Dame de Fer », quitte à faire exploser le chômage. En revanche la crise de 29 et notre crise actuelle sont toutes deux, même d’intensités différentes,  des crises déflationnistes : nous souffrons d’une activité trop faible. Appliquer à ces crises déflationnistes une politique déflationniste, c’est une erreur de conception. D’ailleurs on a essayé dans les années 30 : réduction brutale des salaires des fonctionnaires, par exemple. Le résultat a été catastrophique. Verser un grand seau d’eau froide sur un feu qui galope, c’est adapté. Mais verser le même seau d’eau froide sur un feu qui est au bord de s’éteindre et qu’on voudrait voir repartir, c’est obtenir le résultat contraire à ses espérances… J’ajoute que Thatcher n’a supprimé que 100.000 emplois de fonctionnaires en six ans, soit cinq fois moins que ce que propose le projet Fillon. C’est un débat qu’il convient d’avoir et que je considère vital pour l’avenir.

Vous qui alertez depuis longtemps sur le poids de la dette et la nécessité de faire des économies, que proposez–vous d’autre ?

Je note que le programme de François Fillon envisage un déficit de 4,5% la première année, ce qui est très risqué dans un contexte de renchérissement des taux d’intérêt. La meilleure manière de lutter contre la dette, c’est de renforcer l’efficacité de l’action publique, lutter contre les rigidités dans les carrières, libérer et encourager la capacité de créativité qui existe dans la société… Or le blocage général qui résulterait de la suppression de 500.000 emplois publics empêcherait tout cela. Sans compter que nous irions droit à des épreuves de force et à des mouvements sociaux néfastes pour la société française. Je ne crois pas à la théorie du choc ou du grand soir : voyez ce que cela produit dans d’autres pays comme en Italie. La recherche du choc crée des affrontements et des frustrations qui paralysent l’action publique.

Comment relancer la croissance ?

Je partage le diagnostic sur l’insuffisance de l’investissement. Pour y remédier, François Fillon propose de supprimer l’ISF. Je pense qu’il serait plus efficace de le réformer en traitant l’investissement comme les œuvres d’art, qui sont déduites de la base de l’ISF. On éviterait le symbole consistant à favoriser les riches en taxant les ménages modestes avec la hausse de la TVA et on orienterait de manière décisive l’épargne vers l’entreprise.Mais le meilleur moyen de relancer l’investissement est encore de créer un climat qui montre que l’avenir sera meilleur qu’aujourd’hui. Ce qui est décisif, ce sont les anticipations positives des investisseurs. Or de ce point de vue, la dimension récessive du projet Fillon risque de produire l’effet inverse et de les décourager. Quand la Réserve fédérale américaine indique qu’elle vise le plein emploi, elle agit exactement dans ce but : créer des anticipations positives et envoyer un signal de croissance.

François Fillon vous semble-t-il prêt à infléchir son programme ?

J’entretiens avec lui des relations de confiance depuis suffisamment longtemps pour penser qu’il peut entendre un certain nombre d’idées. Et je sais que je ne suis pas le seul à relayer ces inquiétudes. Il sait que j’ai pour préoccupation l’unité du pays et qu’il faut éviter les chocs qui le fracturent.Son projet était très centré sur la primaire mais il n’est ni aveugle ni sourd. J’ai connu François Fillon bras droit de Philippe Séguin : ce que je dis sur le risque récessif, le risque social, le sentiment d’exclusion d’une partie des Français, Philippe Séguin l’aurait dit aussi…Le sentiment d’exclusion d’une partie des Français, notamment sur la question du travail, est fort. Il y a aujourd’hui dans le monde une vague d’acceptation de la croissance continue des inégalités à l’intérieur des sociétés. Une démarche qui fait que les privilégiés ont toujours plus de facilités, les faibles, toujours plus de contraintes. Cela explique la victoire de Donald Trump, le Brexit et le référendum italien.

La situation n’est-elle pas différente en France ?

La partie du projet de François Fillon qui paraît avaliser le risque d’une baisse des revenus du travail – Emmanuel Macron va d’ailleurs dans le même sens quand il présente l’idée que les jeunes travaillent davantage pour gagner moins– , cette idée qu’on dirait du XIXe siècle selon laquelle le travail est toujours trop cher payé, est contre-productive.  La manière dont on parle de la fonction publique, de l’hôpital, des collectivités locales, de l’enseignement, est blessante pour ceux qui donnent leur vie à cette action publique,  et fracture de plus en plus la société. Or une société fracturée est prête à toutes les aventures. La campagne présidentielle sera très rude, et certains sont prêts à cultiver ces blessures.

Vous dites que vous voulez l’alternance. François Fillon est-il la meilleure chance d’alternance ?

Si la conscience de ces questions grandit d’ici quelques semaines dans la société française et si on en tient compte, si on cherche des réponses justes, alors la chance d’alternance sera importante. Sinon, elle sera menacée, sur sa gauche et sur sa droite car ces fractures favorisent les extrêmes. C’est pourquoi je ne ferme aucune porte sur la décision que j’aurai à prendre. Je suis déterminé à ne pas laisser ce piège se refermer sur notre pays.

Sur quels points souhaitez-vous le faire évoluer ?

Nous avons de nombreux points d’accord. Par exemple, je défends depuis 2006 l’idée d’une allocation sociale unique à points, je pense qu’il faut alléger le code du travail. Nous avons une différence sur la méthode, François Fillon plaide pour le choc, moi je plaide pour l’action ciblée et progressive. Je suis pour une société d’expérimentation plutôt que d’injonctions venues du sommet. Le projet annonce quatre référendums. J’imagine que ce qui vient de se passe en Italie va aussi le faire réfléchir. Il y a surtout toute la question du travail, la question des heures supplémentaires qui est un des seuls moyens pour les salariés d’arrondir les fins de mois. Il y a le choc simultané de la suppression de l’ISF et de l’augmentation de la TVA. Et il y a bien sûr la sécurité sociale, dont il me semble que la question de la privatisation doit être reprise.

Quel regard portez-vous sur la fin du quinquennat ?

La situation est chaotique. Manuel Valls est dans une position compliquée. Il n’a cessé de dire que le vieux parti est un obstacle et veut aujourd’hui l’amalgamer autour de lui. Cela va être périlleux.

N’y êtes-vous pas contraint parce qu’Emmanuel Macron occupe votre espace politique ?

Dans une campagne présidentielle, ce qui passe, ce n’est pas l’image, c’est le message. Quand il est dense et fort, il est entendu. S’il est évanescent et impalpable, il part en vrille. On l’a vu lors de la primaire, les candidats qui se revendiquaient du seul « renouveau » n’ont pas tenu la route. L’élection à la présidence de la République exige que l’on soit confirmé, stable et fort. C’est ce poids spécifique qui fait la différence.

Que pensez-vous de l’importance du fait religieux dans le débat public ?

Tout le monde sait que je suis chrétien, croyant et pratiquant. Mais je défends sans faiblesse la séparation entre politique et religion, car là est la pierre d’angle de la laïcité. Chaque fois que l’on pousse la politique vers la religion, on fait courir des risques majeurs à la société. Dans une société pluraliste, aucune politique ne doit être fondée sur le dogme religieux, sinon on court le risque de guerre de religion. C’est même, que je sache, le fondement de notre contestation de l’islamisme.

Partagez-vous la position de François Fillon sur l’avortement ?

Je ne mets pas sur le même plan les convictions personnelles  et la responsabilité publique  Quelles que soient les convictions personnelles, cela ne donne pas de légitimité pour les inscrire dans la loi et les imposer à d’autres. Par pitié, ne rallumons pas la guerre sociétale à chaque élection ! Cela ne ferait qu’accentuer les fractures. J’imagine que François Fillon n’est pas éloigné de ce point de vue.
F. Bayrou : "Je ne crois pas à la théorie du choc ou du grand soir"

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Le programme de François Fillon pose en réalité de nombreuses questions

28 Novembre 2016, 21:51pm

Publié par MoDem-Colombes

La « primaire » organisée par le parti Les Républicains a donné un résultat sans ambiguïté. François Fillon l’a emporté nettement en ayant su créer une dynamique forte.

Nous voulons saluer avec gratitude l’engagement, le travail et la volonté de rassemblement qui a été celle d’Alain Juppé tout au long de ces deux dernières années. Cet engagement était servi par de précieuses qualités humaines, sensibilité, courage et sens de l’État.

Pour nous, au-delà du résultat de cette compétition, le rassemblement demeure la condition même de l’alternance en 2017.

Le projet qui a été annoncé par François Fillon a été au point de rencontre de la droite. La question est de savoir s’il est au point d’équilibre qu’exige l’avenir de notre pays.

Ce programme pose en réalité de nombreuses questions aux citoyens et à notre société, qui vont apparaître dans les semaines qui viennent. Ces questions devront trouver réponse.

Nous croyons aussi que bien des sujets n’ont pas été traités : l’avenir de l’Union européenne, la sauvegarde d’une ambition sociale, la question de l’environnement et du durable, les nouvelles conditions du travail, la situation des jeunes et leur futur. Dans les semaines qui viennent, nous allons travailler à ces questions et à ces sujets pour tous ceux et avec tous ceux qui ont besoin que soient inventées des réponses nouvelles pour garantir et réussir l’alternance dont la France a besoin.
FB
27 novembre 2016

Les résultats de la Primaire à Colombes :
Inscrits 46583
Votants 6691, soit 14,4% ;
Blancs/nuls 21 ;
Alain Juppé : 2968 voix soit 44,5% ;
François Fillon : 3702 voix soit 55,5%

Le programme de François Fillon pose en réalité de nombreuses questions

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Élection de Donald Trump : réaction de François Bayrou

9 Novembre 2016, 23:03pm

Publié par MoDem-Colombes

L’élection de Donald Trump va marquer le monde pour une longue période. 

Il y a d’abord une réalité : partout sur la planète les peuples refusent l’ordre établi d’où ils se sentent rejetés. 

Mais le changement qu’ils cherchent, ils croient le trouver au travers des excès, des caricatures, des retours en arrière et des rejets. Et c’est là qu’est le danger.

Deux questions se posent à chacun de nous : est-ce que ce choix peut produire du bien ? Et acceptons-nous d’aller dans le sens de cette pente ?

Pour nous, la réponse est deux fois non. Non, cette surenchère ne peut pas produire du bien : dans l’histoire, elle a toujours conduit aux plus cruelles désillusions, et souvent pire encore, et les victimes sont en premier les moins favorisés et les moins protégés. Et non, nous ne voulons pas nous y livrer, nous voulons y résister.

Cela impose donc de prendre volontairement à notre compte le changement profond, nécessaire, dont les peuples ont besoin, eux qui ne veulent pas supporter un monde sur lequel on ne pourrait pas agir. Cela impose de penser un monde nouveau. Cela oblige à rompre avec l’endurcissement d’un univers dominé par la puissance exclusive de l’argent, de remettre en cause la montée qui paraît inexorable des inégalités et des exclusions. Cela impose que la démocratie se transforme et se dépasse, qu’elle soit enfin honnête, que chacun y ait accès et s’y reconnaisse, que des leaders dignes de ce nom sortent du monde clos dans lequel ils sont enfermés, qu’ils cessent de parler la langue des chiffres pour parler la langue des hommes, au masculin comme au féminin. Cela impose qu’ils trouvent au fond d’eux-mêmes et qu’ils proposent un idéal nouveau. 

Ce défi est un défi civique. Et nous sommes décidés à le relever.

Élection de Donald Trump : réaction de François Bayrou
Élection de Donald Trump : réaction de François Bayrou

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"Cela sent la panique dans les rangs !"

24 Octobre 2016, 19:24pm

Publié par MoDem-Colombes

Appel signé par 165 élus sarkozystes contre le soutien de F. Bayrou à A. Juppé : "Cela sent la panique dans les rangs !"

 

Interview de François Bayrou ce lundi 24 octobre 2016 sur BFM TV et RMC Info.

Merci d’être avec nous. Le démantèlement de la jungle de Calais a commencé. Solution provisoire ?

D’abord personne ne peut émettre le reproche que l’on fasse cette opération. Le scandale était que la jungle – ce bidonville – dure depuis des années : des milliers de personnes étaient dans des conditions de précarité que probablement peu de camps dans le monde connaissent. Donc c’est bien. Ensuite, l’organisation du déplacement et de la localisation des réfugiés pose des questions. Je pense que l’on aurait dû travailler davantage avec les collectivités locales, les intercommunalités, en disant « Combien pouvez-vous en prendre ? Où pouvez-vous les placer ? », parce que la concentration d’un grand nombre de réfugiés ou de migrants dans des petits villages avec des déséquilibres de population pose une question. Et donc je pense que, dans l’avenir, il faudrait améliorer beaucoup la confiance entre l’État et les collectivités locales parce que cela ne peut se faire que de près. 

Je regardais la proposition d’Alain Juppé : « Faire voter chaque année un plafond d’immigration », est-ce une bonne idée ou pas ?  

De toute façon, il faut que l’on clarifie les choses. On est devant, aujourd’hui, une immigration qui pour la plus grande partie, est illégale, incontrôlée. Et il vaut mieux avoir des voies légales pour les réfugiés quand on peut faire la preuve que c’est de la guerre et de la menace immédiate de la mort qu’ils viennent. et Ensuite, il faut étudier ce que le pays peut accepter et c’est logique qu’il le planifie. 

Est-ce que vous comprenez les citoyens ou les citoyennes qui n’ont pas envie de voir arriver des réfugiés dans leur commune ? Qu’est-ce que vous leur dites ?  

Je pense que c’est un réflexe naturel et compréhensible. Je pense que l’État et la puissance publique doivent avoir une préoccupation qui est de ne pas créer de déséquilibres de populations. Quand vous êtes une ville ou une intercommunalité importante, c’est possible d’accueillir quelques dizaines de personnes et de les situer dans le tissu de la population, de manière qu’il n’y ait pas de concentration. Et donc, de ce point de vue, je sais très bien quelles sont les peurs et quels sont les risques, il importe de les conjurer par un travail préalable.  

Mais, François Bayrou, ça c’est bien mais le problème est que la jungle risque d’être reconstituée. 

Disons que si c’est bien et que vous êtes de cet avis - je pense que c’est la seule solution possible - alors on a fait un pas. Pour le reste, bien sîr que ce n’est pas fini. 

Cette jungle va se reconstituer, le risque existe, vous le savez bien, François Bayrou. 

On a à notre porte, dans le monde, au sud en Afrique, à l’Est, des menaces de déplacements de populations qui sont immenses. Raison pour laquelle on a deux choses à faire. La première est d'avoir une organisation qui nous permette de faire face à cela et la deuxième de travailler sur les régions d’origine, les pays d’origine, en sécurisant ce qui doit l’être et en développant ce qui doit l’être. 

Alors, justement François Bayrou, j’ai une question toute simple. L’Allemagne et l’Italie demandent à ce que l’on applique avec les pays d’Afrique le même traité qui a été négocié avec la Turquie. Et ce traité semble efficace puisqu’il y a beaucoup moins de réfugiés qui se rendent en Grèce aujourd’hui, dans les îles grecques. Est-ce que l’on pourrait faire avec les pays d’Afrique la même chose ? 

On pourrait faire la même chose et améliorer considérablement les relations avec les régions d’origine – je répète –, un : en sécurisant ce qu’il faut sécuriser, et deux : en ayant en effet ce même type d’accord que l'on a eu avec la Turquie ou avec d’autres. Faisons-le, simplement on est aujourd’hui dans une situation où chacun joue pour soi-même et refuse de jouer ensemble pour avoir des relations équilibrées. 

Soutenez-vous les policiers dans leur colère ? 

Je pense qu’il faut les entendre et les comprendre. Ils ont un sentiment d’exaspération, d’être à bout de forces, de ne pas être respectés... Je pense à ce policier et cette policière qui ont été brûlés vifs, attaqués au cocktail molotov dans leur voiture : on n'a toujours pas, à ma connaissance, arrêté les assaillants. On est dans une situation d’exaspération ou, en tout cas, d’exacerbation de ce sentiment d’incompréhension et de fatigue parce que l’on demande à la police de faire des tâches multiples. 

Des tâches indues, mais les tâches indues cela fait des années que les responsables politiques ont dit aux policiers « Vous ne ferez plus, vous n’accomplirez plus ces tâches indues ».. 

Rien ne bouge parce que nous avons un État impuissant, parce que la manière dont est organisée la politique et la société politique en France depuis des années est trop centralisée et trop faible en même temps ! Cette manière là ne marche pas. Tout le monde le sait, tout le monde l’a sous les yeux. Quelles difficultés y aurait-il à faire accomplir un certain nombre de tâches administratives qui pèsent sur les policiers pour que, au contraire, le plus grand nombre soit sur le terrain ? Pourquoi avons-nous supprimé – je pense à Viry-Châtillon – la police de proximité, la présence policière, des forces de sécurité dans les quartiers auprès des gens ? Pourquoi les avons-nous supprimées ? Pourquoi est-on dans cette incapacité de recueillir du renseignement ? Je vous rappelle qu’à Viry-Châtillon, c’était pour la surveillance d’une caméra que ces attaques ont eu lieu. Ne croyez-vous pas qu’il y a des moyens multiples et variés de trouver du renseignement, de le chercher ? Simplement, on a, je crois, démantelé ce qui était notre arme de prévention des difficultés. 

Y a-t-il a une lourde responsabilité du gouvernement de Nicolas Sarkozy par exemple ? 

Il y a une lourde responsabilité des gouvernements précédents parce que l’orientation n’était pas la bonne. L’orientation, les décisions qui ont été prises – et vous savez combien à l’époque j’ai répété et je me suis battu sur ce sujet – ont été une mauvaise orientation. L’idée qu’il faut enlever les services publics et la police des quartiers pour les faire intervenir de l’extérieur est une idée qui empêche le travail d’être fait. Le travail de renseignement est un travail fin, cela demande de connaître les gens, d’être présent : forcément quand vous êtes présent, des liens se créent et changent considérablement les choses. 

François Bayrou, vous êtes pris pour cible par les sarkozystes. J’ai même vu cet appel signé par 165 élus sarkozystes, un appel pour une « primaire de la clarté ». Nicolas Sarkozy considère que vous êtes le responsable de sa défaite en 2012. Que répondez-vous ce matin ? 

Cela sent la panique dans les rangs. Quand on en est à tirer des dernières cartouches comme cela, c’est que l’on se sent tellement mal que l’on fait au bout du compte un peu n’importe quoi. Clarifions les choses : le responsable de l’entrée de François Hollande à l’Élysée, il n’y en a qu’un : il s’appelle Nicolas Sarkozy ! Ce sont sa pratique, sa manière d’être, ses attitudes et ses gestes qui ont convaincu quelque chose comme trois millions de Français qui n’étaient pas de gauche d’empêcher qu’il soit renouvelé dans son mandat. De ces trois millions de Français, j’étais ! Les signataires de cet appel se trompent profondément parce que ce que les Français aiment dans la candidature d’Alain Juppé, c’est qu’il est en effet capable d’élargir la base qui va le soutenir, de faire en sorte qu’il ne soit pas un président d’affrontement, de proposer des lignes et des réformes fortes et cependant de ne pas être dans la brutalité, d’être dans le respect des gens même quand ils ne sont pas vraiment de son parti !

Vous êtes hué, vous êtes sifflé à chaque meeting organisé par les partisans de Nicolas Sarkozy et par Nicolas Sarkozy lui-même. J’ai des questions très claires. Si Alain Juppé est battu, est-ce que vous vous présenterez contre le vainqueur de la primaire de la droite et du centre ?

J’ai dit de la manière la plus claire qu’à cette primaire, je n’irai pas voter moi-même. Précisément pour être libre ! J’ai dit cela depuis deux ans, parce que je considère que lors d'une sélection ou une compétition de cet ordre, le résultat n’en est pas imposé d’office à l’ensemble de la société française. Le résultat peut être favorable et je crois qu’Alain Juppé est sur la très bonne voie. Je pense que c’est bien pour la France. Je pense qu’il serait un bon président et c’est parce qu’il serait un bon président que s’il est choisi, je le soutiendrai mais évidemment cela ne vaut pas pour des choix qui seraient plus risqués.

Est-ce que vous serez Premier ministre de son gouvernement si Alain Juppé gagne ? Vous l’a-t-il promis ?

Non seulement, il ne me l’a pas promis, mais je ne lui ai pas demandé. Je crois que ce n’est pas possible dans l’état actuel des choses. Pourquoi ? Parce que le Premier ministre doit être normalement issu du parti le plus important de la majorité, surtout au lendemain d’une élection. Il se trouve Monsieur Bourdin - cela va peut-être vous surprendre - que je ne fais pas ce choix pour moi-même, pour mon intérêt personnel ! Je fais le choix de soutenir Alain Juppé parce que je pense que c’est mieux pour la France ! Des millions de Français se retrouvent dans ce que je dis ! La preuve, c’est que de plus en plus le fossé se creuse entre Alain Juppé qui arrive aujourd’hui fort d’un soutien très important de l’opinion et Nicolas Sarkozy qui est de plus en plus rejeté par une partie de l’opinion, précisément pour la raison que souligne cet appel : on voit s’affirmer une espèce de volonté d’exclusion.

Vous l'avez fait perdre en 2012 ! C’est ce que dit Nicolas Sarkozy !

D’abord, je suis un citoyen et j’ai le droit de voter pour qui je veux ! Comme vous ! Le moment du vote oblige à répondre à une question simple : est-ce que l’on veut que le mandat du président sortant se prolonge ? La manière avec laquelle les affaires ont été conduites interdisait pour moi que l’on soit spectateur.

Soupçonnez-vous de la malhonnêteté chez Nicolas Sarkozy ?

Je n’ai jamais dit des choses comme cela ! J’essaie de ne jamais employer des mots qui soient insultants. Ce n’est pas ma manière d’être. Ma manière d’être est simple : oui, je pense que Nicolas Sarkozy par sa pratique, ses méthodes, ses attitudes et ses mots, a rendu impossible le fait qu’il soit renouvelé. Je vais vous dire une chose simple : s’il avait été un bon Président de la République, il aurait été réélu. Les Français lui auraient rendu leur confiance. Ce que l’on voit aujourd’hui, c’est l’étalage des défauts et des dérives que l’on a vus pendant qu’il était au pouvoir. La preuve, c’est que c’est encore une affirmation de sectarisme. Cela veut dire « seuls ceux qui sont avec moi ont leur place dans le jeu politique, il faut être de mes séides pour être respecté et reconnu ». Il se trouve qu’il y a en France des courants politiques et des sensibilités qui demandent à être respectés, qui ont des principes et des valeurs et qui ne sacrifient pas ces derniers pour des intérêts et soumissions.

N’êtes-vous pas en train de négocier des circonscriptions pour les législatives ? Ce sont les accusations que l’on vous porte !

C’est très simple : il faudra une majorité équilibrée. C’est ce qu’Alain Juppé a dit et il a parfaitement raison ! Espérer ou imaginer gouverner la France dans la profondeur de crise ou nous sommes, avec un parti non seulement dominant mais exclusif au pouvoir, c’est être assuré de l’échec ! Si vous croyez que la France d’aujourd’hui va être gouvernée par un parti qui représente au maximum 20% des voix et qui pourrait avoir tous les pouvoirs et imposer ses décisions et ses orientations, c’est absolument impossible ! Quand on mesure dans les sondages - par exemple le sondage de cette semaine - les intentions de vote lors de l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy est à 22%, je suis à 15%. Ces 15% du centre, ne croyez-vous pas qu’ils ont besoin d’être respectés ? Et d’autres ! Qui pour l’instant sont dans d’autres courants mais qui auront besoin de participer à la majorité ! On ne peut pas vouloir une alternance brutale. Il faut une alternance soutenue par les Français ! Et pour qu’elle soit soutenue par les Français, il faut qu’il y ait une base large !

Vous avez fait confiance à François Hollande en 2012…

J’ai voté pour lui parce que Nicolas Sarkozy ne pouvait pas être reconduit dans sa fonction. Imaginez ce qu’auraient été les cinq années suivantes !

Est-ce que la candidature aujourd’hui de François Hollande est encore possible, compte tenu des révélations du fameux livre dont on a tant parlé et d’une politique qui est rejetée ?

Elle devient de plus en plus difficile. Jusqu’à la semaine dernière, il me semblait qu’il allait se représenter, qu’il n’avait même pas d’autres solutions. Aujourd’hui, cela devient extrêmement compromis.

Ce livre vous a-t-il choqué ? 

Il y a deux choses qui m'ont choqué. La première est qu'il passe tout ce temps, des centaines d'heures, à parler à des journalistes sans qu'il ait le moyen de contrôler ce qu'ils écrivent de ce qu'il dit. Une conversation libre et des propos écrits, ce n'est pas la même chose ! Le deuxième point, c'est qu'il y a dans ce livre des affirmations qui auraient dû demeurer de l'ordre du secret. Quand un président de la République a la lourde responsabilité de décider d'interventions des services secrets contre des personnes, ça ne doit pas se retrouver dans un livre. Il y a là quelque chose qui est comme une négation de la fonction présidentielle dont c'est le poids que de devoir assumer des secrets d'Etat, et je trouve que cette manière d'exposer la fonction présidentielle n'était pas la bonne.

 

 

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Dix évidences sur la "réforme" du collège

3 Juin 2015, 08:13am

Publié par MoDem Colombes

Dix évidences sur la "réforme" du collège
Dans une tribune à paraître dans le journal Le Monde daté de demain, François Bayrou rétablit dix vérités essentielles à ses yeux sur la réforme du collège.
Il ne faut pas renoncer au collège unique. Mais faire suivre à tous les élèves le même cursus pédagogique, c'est se condamner à en maltraiter un grand nombre.
1 - La crise du collège n'est pas une crise du collège. Les problèmes que rencontrent nombre d'élèves dans les quatre premières années de l'enseignement secondaire proviennent en fait des lacunes non résolues dans l'enseignement primaire, notamment et d'abord les blocages devant la lecture et l'expression écrite et orale. Refuser d'en tenir compte en traitant le collège comme un problème en soi, c'est courir à l'échec.
2 - Le collège unique n'est pas la question, la question c'est le collège uniforme. Je suis moi-même l'auteur dans les années 1990 de la formule " collège unique, collège inique ", mais c'était une formule approximative. Le collège unique a été conçu, très justement, dans le septennat de Valéry Giscard d'Estaing, pour échapper à la discrimination dévalorisante entre lycées et collèges d'enseignement secondaire (CES, urbains) et collèges d'enseignement généraux (CEG, ruraux). Il est juste que tous les élèves, à l'instar de l'école élémentaire, suivent le même cycle d'enseignement secondaire et cela ne peut être remis en cause. En revanche, faire suivre à tous les élèves, quel que soit leur niveau, le même cursus pédagogique, c'est se condamner à en maltraiter un grand nombre.
3 - Cette réforme est mal inspirée, elle supprime ce qui marche et généralise ce qui ne marche pas et ne marchera pas. Sous le prétexte que 15 % à 25 % d'élèves seulement profitent d'un certain nombre d'options et d'organisations pédagogiques, on les supprime. La démarche juste et respectueuse des principes de l'éducation nationale aurait été d'ouvrir ces options et ces formations à un plus grand nombre.
4 - Condamner à mort le latin et le grec, c'est amputer des générations. Le latin et le grec ne sont plus des disciplines à part entière dotées d'un horaire. Pourtant, la culture française s'est construite, au travers des siècles, sur la fréquentation de ces deux langues mères du français et des autres langues occidentales. Nous parlons latin quand nous parlons français, espagnol, italien, ou toute autre langue romane régionale ou nationale, et ce latin-là a trouvé aussi une descendance dans les langues germaniques modernes, anglais, allemand, etc., notamment par la rencontre du français.
Nous parlons grec dans tout le vocabulaire scientifique, notamment médical, technique et philosophique du monde. Une connaissance, même scolaire, de ces deux langues mères apporte à l'esprit qui se forme, sans même qu'il s'en aperçoive vraiment, le sens de l'étymologie, le goût de la nuance, un début de maîtrise de l'expression. La longue chaîne des écrivains et des penseurs français s'est constituée avec ce point commun de leur commune connaissance des langues et des littératures latine et grecque.
5 - Amoindrir l'enseignement le plus attractif des langues vivantes, c'est une régression. Les classes européennes, les classes à deux langues vivantes, les options de langues régionales, le bain linguistique précoce, tout cela était un indiscutable progrès. C'était pour les établissements un signe de qualité, dont ils étaient fiers. Par détestation d'un prétendu " élitisme ", on saccage le travail de bien des années et de bien des enseignants.
6 - L'enseignement des langues régionales ne se relèvera pas de cette démolition. Le travail sur la transmission des langues de France, alsacien, basque, breton, corse, catalan, créoles, occitan, est peut-être indifférent à beaucoup. Mais il est précieux pour de larges parts de notre peuple. Il a été, depuis plus de vingt ans, l'objet d'un effort continu, souvent à contre-courant. L'organisation proposée du collège ne laissera plus de place à cet effort de transmission.
7 - Et tout cela pour quoi? Le ministère est très fier de brandir comme étendard de sa réforme les EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires), systématisés et obligatoires. Rendre l'interdisciplinarité contrainte et obligatoire, à l'endroit et à l'envers, c'est une mode. L'interdisciplinarité peut être utile, éclairante pour les élèves, à condition qu'elle soit de l'initiative des enseignants et suffisamment souple pour qu'ils s'y investissent.
La réforme fait le contraire : elle choisit arbitrairement huit thèmes, dont six seront obligatoires, à raison de deux à traiter chaque année de la 5e à la 3e, ce qui laisse, au mieux, quatre mois par thème sur l'une des trois années (5e, 4e et 3e) à raison d'une à deux heures par semaine, avec des enseignants convoqués pour les traiter, volens nolens. Ce menu obligatoire est composé de huit thèmes, dont voici la disparate liste :corps, santé, bien-être et sécurité; culture et création artistiques; transition écologique et développement durable; information, communication, citoyenneté; langues et cultures de l'Antiquité; langues et cultures étrangères ou, le cas échéant, régionales (!); monde économique et professionnel; sciences, technologie et société.
Je demande à tout adulte de bonne foi, à tout étudiant, à tout enseignant de se demander ce qu'en quelques semaines on peut faire, à plusieurs professeurs, du thème " langues et cultures étrangères ou le cas échéant régionales " avant de l'abandonner pour passer à " corps, santé, bien-être et sécurité ".
8 - En plus, c'est inapplicable! Comment imaginer que tous les principaux de collège puissent élaborer des emplois du temps qui permettent à plusieurs enseignants de disciplines différentes, volontaires ou pas, de se trouver devant les mêmes classes aux mêmes heures? Et les professeurs qui ont la charge de six ou huit divisions, devront-ils participer à autant d'EPI? En plus de la préparation des quinze ou dix-huit heures de cours hebdomadaires, des conseils de classe, des conseils parents-élèves, des corrections de copies, des réunions de concertation disciplinaire ou par classe?
9 - Quelles sont les conséquences de cette " réforme "? La conséquence, c'est une aggravation de la discrimination sociale. Le contrat moral de l'éducation nationale, c'était le " meilleur offert à tous ". Non pas garanti à tous, bien sûr, mais offert à tous. Les moins armés devaient être assurés d'un socle de connaissances, et les plus allants, d'où qu'ils viennent, et où qu'ils vivent, devaient pouvoir aller aussi loin que possible. C'était tout le sens des options ou des cursus linguistiques. Egalité sur le territoire et égalité des chances.
Cette organisation qu'on prétend imposer aura une conséquence mécanique : ce que le collège ne transmet plus, les établissements privés ou les cours particuliers l'assureront à quelques-uns. Ceux qui auront les moyens, culturels ou matériels. C'est une loi en économie, la mauvaise monnaie chasse la bonne : l'idéologie égalitariste fait reculer l'égalité.
10 - Alors que faire? Il faut se mobiliser. Nous avons une année pour le faire. Le gouvernement table sur la résignation de beaucoup. De très nombreux intellectuels, rangés pour cette raison dans la catégorie des " pseudos ", des écrivains, des responsables politiques, des enseignants, des parents d'élèves de toutes organisations, des élèves et d'anciens élèves, ce que nous sommes tous, ont dit leur inquiétude ou leur colère. Ils ne cherchent aucun intérêt, ni corporatiste ni partisan, ils défendent ce qu'ils croient précieux pour les élèves et pour l'école française.
Il suffit qu'ils se groupent et s'expriment ensemble pour que ce texte imposé, jamais discuté, jamais voté dans la loi, au contraire de ce que dit faussement le gouvernement, soit retiré et repris, calmement, comme il doit l'être.
François Bayrou

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Université de rentrée 2014 du MoDem : Comment reconstruire la France ?

11 Septembre 2014, 23:00pm

Publié par MoDem Colombes

Université de Rentrée Mouvement Démocrate Guidel 2014
Université de Rentrée Mouvement Démocrate Guidel 2014

Comme chaque année en Septembre, les militants du Mouvement Démocrate se retrouvent à Guidel dans le Morbihan pour leur Université de rentrée.

Il s'agira d'un moment important pour notre formation politique, à l'heure où la vie politique française est marquée tant par l'effondrement du parti majoritaire que par le discrédit jeté sur l'opposition et la montée des votes protestataires. Dans ce contexte, le Mouvement Démocrate peut jouer un rôle déterminant dans la reconstruction du pays comme l'a encore récemment indiqué François Bayrou.

Notre université de rentrée, du vendredi 19 au dimanche 21 septembre à Guidel (Morbihan), sera un moment important et passionnant, en raison du thème que nous avons choisi et de la grande qualité des intervenants. Le sujet de ces trois journées, que nous avons voulues au cœur des attentes des Français, sera la question que tous les citoyens se posent aujourd’hui : « Comment reconstruire la France ? »

Programme de l'université de rentrée :

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Vendredi 19 septembre

15h – 17h : ateliers

18h : séance d’ouverture avec Marc Fesneau (secrétaire général du Mouvement Démocrate)

18h15 : plénière « Fractures françaises » avec Laurent Davezies (professeur au CNAM et à l'université Paris-Est Créteil Val-de-Marne), Philippe Estèbe(professeur à l’IEP de Paris et à l’École des Ponts-et-Chaussées) et Jean-Pierre Rioux (historien)

21h : plénière « Reconstruire la France », animée par nos vice-présidents (Marielle de Sarnez, Jacqueline Gourault, Nathalie Griesbeck, Jean Lassalle,Robert Rochefort, Jean-Marie Vanlerenberghe) avec la participation de Jean Arthuis, député européen, président de l’Alliance Centriste


Samedi 20 septembre

9h – 11h : ateliers

11h : plénière « Démocratie, éthique, nouvelle République » avec Bastien François (professeur de droit public, directeur du département de science-politique à Paris I Panthéon-Sorbonne), Loïc Blondiaux (professeur de science-politique à Paris I Panthéon-Sorbonne), Michaël Foessel (titulaire de la chaire de philosophie de Polytechnique), Michel Verpeaux (professeur de droit public à Paris I Panthéon-Sorbonne) et Nordine Nabili (journaliste, président du Bondy Blog)

14h – 15h30 : ateliers

15h30 : plénière « Croissance, emploi, compétitivité » avec Jean Pisani-Ferry(commissaire général à la stratégie et à la prospective), Jean-Marc Daniel(directeur de la revue Societal), Vincent Champain (co-président de l’Observatoire du long terme) et Jean-Hervé Lorenzi (président du Cercle des Economistes)

17h30 – 19h30 : ateliers

21h : plénière « Proche-Orient, quelles perspectives ? » avec Georges Malbrunot (journaliste, écrivain), Christian Chesnot (journaliste, écrivain), anciens otages en Irak, et Antoine Sfeir (directeur des Cahiers de l’Orient, écrivain)


Dimanche 21 septembre

10h30 : Intervention de Sandro Gozi, secrétaire d’Etat italien aux Affaires européennes

11h : séance de clôture

Intervention de Marielle de Sarnez, 1ère vice-présidente du Mouvement Démocrate

Discours de François Bayrou, président du Mouvement Démocrate, maire de Pau

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Grand entretien de François Bayrou paru dans Atlantico.

22 Juillet 2014, 07:21am

Publié par MoDem Colombes

Grand entretien de François Bayrou paru dans Atlantico.

Dans une interview à Atlantico, le maire de Pau se montre très critique envers la politique de François Hollande, mais ne regrette pas ses attaques passées contre Nicolas Sarkozy, au nom de ses "responsabilités" de citoyen de dénoncer des "dérives qui menaçaient notre pays".

Atlantico - La politique économique de François Hollande ne semble pas produire les résultats escomptés pour le moment. Pourtant, différentes stratégies ont pu déjà être expérimentées, dont le revirement vers une politique de l’offre en janvier dernier. Comment analysez-vous la situation économique actuelle ?

François Bayrou - Il faut voir les choses très simplement. La France s’affaiblit depuis 15 ans sans qu’il n’y ait eu, à aucun moment, un ressaisissement. Le chiffre le plus significatif est celui du commerce extérieur : 70 milliards de déficits. Cela est insoutenable dans le temps dans un pays qui a un contrat social très ambitieux. Un Etat extrêmement structurant de la société, mais très cher, des collectivités locales trop nombreuses et labyrinthiques, des déficits publics les plus importants de l’Union européenne.

Cet Etat-là ne peut avoir en même temps un appareil de production qui s’effondre continuellement. Ceci créera des problèmes très importants dans le temps. D’autant que la vie politique est elle-même profondément dégradée.

Tout cela décrit une France au propos de laquelle les français ont bien raison de se faire du souci. Quand François Hollande choisit la politique de l’offre, ce choix dans les mots est de bonne inspiration. Mais dans les réalités, qu’y a-t-il de changé ? Lorsque le 14 juillet il déclare faire 50 milliards d’économie et « donner » 40 milliards aux entreprises. Très bien. Mais où sont les 50 milliards d’économie ?

Pour ma part, je ne crois pas que l’on puisse faire 50 milliards d’économie à structure constante. Il faut une reconfiguration de l’Etat, des collectivités locales et de la sécurité sociale. Et la plupart des décisions prises sont contradictoires avec l’objectif affiché. J’en prends une comme exemple, que le gouvernement a annoncée et que François Hollande a mise en valeur. Tout le monde sait qu’il faut responsabiliser en matière de sécurité sociale, de dépenses de santé. Or que nous annonce-t-on, comme une grande victoire ? L’introduction du tiers payant chez le médecin, c’est-à-dire la déresponsabilisation absolue. Cela est donc incohérent, illogique, et nuisible dans le long terme. Car la déresponsabilisation est un aller sans retour. Les gens considèrent que les avantages nouveaux accordés deviennent un dû. Cela est absurde et nous conduit à une situation de laquelle nous ne sortirons pas. Du moins aussi longtemps qu’un mouvement profond et assumé dans la société française ne nous conduira pas à choisira la reconstruction de type 1958. A une différence près, en 1958, la croissance était de 5%, alors qu’en 2014 nous sommes à 0.

Vous dites que la France s’affaiblit depuis 15 ans, et vous mentionnez le commerce extérieur… Faites-vous un lien avec l’euro ?

Non, ce n’est pas mon analyse. Je fais un lien avec une série d’évolutions contraires à notre vitalité économique, dont les 35 heures a été la plus symbolique. Tous les pays qui nous entourent sont en excédent de commerce extérieur, ils ont pourtant tous l’euro. Même l’Espagne, même l’Italie. Je ne crois pas du tout à la mythologie française de la dévaluation comme la solution aux maux du pays. Cette vision nous a tellement fait de mal. En nous persuadant que l’on peut éviter les efforts de reconstruction du pays grâce à la transformation de notre monnaie en monnaie de singe, on nous détourne du travail nécessaire.

Je pense que la monnaie doit être une traduction du réel. Jouer avec sa valeur, ce ne sont que des palliatifs de court terme. De surcroît lorsque vous avez 2000 milliards d'euros de dettes, il devient impossible de jouer avec la monnaie. Car cette dette est refinancée en empruntant plus d’un milliard d’euros par jour ouvrable. Chaque jour. Et si vous avez des taux d’intérêt qui explosent alors vous ne pouvez plus vivre. Vivre au quotidien, puisque qu’en France on emprunte pour payer les salaires des fonctionnaires, on emprunte pour payer les feuilles de la sécurité sociale. Cette démarche là nous conduirait à la catastrophe, au gouffre, comme on le voit avec des pays d’Amérique latine qui ne s’en remettent pas. Demandez à l’Argentine.

Hollande, Valls et Montebourg enchaînent les grandes annonces sur l'Europe tout en s'appliquant à faire en sorte qu'elles ne soient pas suivies des faits. Dernier exemple en date : l'incapacité française à défendre sa place dans les instances européennes. Pourra-t-on s'en sortir sans réformer l'Europe et le fonctionnement de la zone euro ?

Nos problèmes ne viennent pas de l’Europe. Nos problèmes viennent de chez nous. Il y a des problèmes en Europe, mais les problèmes de la France, de la société française, ne viennent pas de l’Europe. Les problèmes de la capacité créative du pays, de la place faite à l’entreprise, de la fiscalité, de l’inadéquation de nos codes, de la dérive de l’éducation nationale, notre problème de formation professionnelle, la question de notre vie publique honteuse. Ces problèmes la sont la conséquence d’une vie politique qui s’est peu à peu délabrée et d’une absence de vision, de fermeté dans la vision et dans l’expression, des dirigeants successifs, de leur capacité à entrainer les peuples sur le chemin de la lucidité et du courage.

Par ailleurs l’Europe a des problèmes qui entrent en confrontation avec l’attente des citoyens. Ceci est autre chose. Mais chercher à faire croire que c’est l’Europe qui est la cause des difficultés, c’est un dévoiement. Nos regards ne doivent pas se tourner vers l’Europe mais vers la France. Cependant je crois que le désir légitime des citoyens de reconstruire s’affirmera un jour ou l’autre.

La France perd-t-elle effectivement ou supposément de son influence ?

La perte d’influence est effective, mais cela ne date pas de ces derniers mois. Cela fait des années que la France qui occupait des positions clés au sein de la communauté des responsables européens s’affaiblit, que la position de la France est de plus en plus discutée. Parce que la France ne fait pas le constat de la responsabilité qui est la sienne sur sa situation. Quand vous avez autour de la table quelqu’un dont il est clair qu’il n’a pas organisé sa maison comme il le devrait, qui la laisse peu à peu se dégrader, et qui vient vous dire « Mesdames et Messieurs c’est de votre faute », son crédit s’affaiblit nécessairement.

Il n’y a pas eu de stratégie suffisante, de long terme, dans l’occupation des responsabilités européennes, et de surcroît le discours de la France en Europe est illisible.

Nicolas Sarkozy est entré violemment en conflit avec une certaine vision des dirigeants européens en prétendant qu’il allait faire un condominium franco-allemand, ce dont les allemands eux même ne voulaient pas. Qu’il décidait par ukase à la place des autres, à l’égard de l’Italie par exemple. Ceci est le contraire d’une vision européenne.

Le même Nicolas Sarkozy, quelques jours après son élection en 2007, est allé à l’Eurogroupe pour faire « sauter » la discipline des 3%, mettant son autorité de Président de la République française nouvellement élu au service du laxisme, alors que nous étions dans une période de relative croissance. Les dirigeants européens, et Jean-Claude Juncker en premier, n’ont pas oublié cela. C’était un bras de fer au service d’une grave erreur stratégique.

Considérez-vous qu'il soit satisfaisant d’un point de vue démocratique que l'Europe se dirige tout droit vers le fédéralisme sans que le peuple en ait exprimé le désir ? N'a-t-on pas épuisé les charmes des décisions prises contre les électeurs ?

Je n’ai pas voté le Traité de Lisbonne. Car c’était une mauvaise démarche de forcer la main des peuples. Quand un peuple vous dit « non » au référendum, le surprendre par ruse et lui imposer sans clarté, de manière opaque, ce qu’il avait refusé, est une très mauvaise démarche. J’avais proposé pour ma part un texte court, simple, mais soumis au référendum, pour que les français puissent adhérer vraiment à une nouvelle orientation.

Cela dit, il y a au moins une chose positive ces dernières semaines. Avec l’élection de Jean-Claude Juncker, l’engagement démocratique a été respecté, alors que beaucoup ne voulaient pas le tenir. Cet engagement qui est de dire aux citoyens, si vous votez pour tel parti, alors vous aurez tel président, candidat du parti vainqueur, a été finalement tenu. Je trouve que cela est positif car ainsi les prochaines élections européennes prendront une autre dimension. Jean Claude Juncker est un homme d’Etat de grande expérience, de grande conviction. Il est à la fois de grande conviction européenne et de grande conviction dans le projet de société. Il est un homme qui pense que la société ne doit rien lâcher en termes d’efficacité, et rien non plus en termes de solidarité. C’est quelqu’un en qui je mets de l’espoir. Si quelqu’un est capable de débloquer la machine, lui l’est. Ce n‘est pas une garantie, ce n’est pas une certitude, mais il en a la capacité. Il faut maintenant qu’il en ait la force, qu’il soit plus fort que les puissances de paralysie et de retour en arrière.

Etes-vous convaincu par les dernières déclarations de François Hollande concernant le budget de la Défense ?

Le 14 juillet, François Hollande a affirmé qu’il avait sanctuarisé les crédits militaires. Est-ce que cela est vrai ? Ce n’est pas ce que pensent les officiers et les cadres de l’armée. Toujours la même distance entre les déclarations et le réel. Mais je souhaite qu’il le fasse. Nous sommes devant un monde qui est de plus en plus périlleux, instable, et l’une des capacités de la France, c’est sa capacité d’intervention. Je souhaite que cette capacité d’intervention soit mutualisée avec d’autres états européens. Mais si ces derniers sont dans l’hésitation, l’inaction et l’enlisement, il faut que la France ait sa liberté d’agir. Je me refuse à tirer un trait sur les nécessités de la défense nationale.

Considéreriez-vous l’exclusion du budget de la Défense au sens du déficit de Maastricht ?

Cela ne serait pas absurde. Car cette capacité de défense est en notre nom mais elle est aussi en nom des autres Etats européens. Nous ne sommes pas seuls. Notre doctrine d’intervention inclut, dans les intérêts vitaux du pays, les intérêts vitaux de l’ensemble européen auquel nous appartenons. A juste titre.

Vous vous placez dorénavant clairement dans l'opposition. Au-delà des affaires qui plombent l'UMP, comme Bygmalion, sur le terrain des idées, quelle part de responsabilité estimez-vous porter dans le fait que l'opposition soit complètement inaudible ?

Aucune. Je me suis battu sans cesse pour que la France se ressaisisse et que le centre soit un acteur majeur de ce ressaisissement. J’ai vu venir très tôt les dérives qui s’étalent aujourd’hui en première page de tous les journaux. Je ne me suis pas contenté de les voir venir, j’ai écrit un livre qui s’appelait Abus de Pouvoir qui en était l’analyse clinique et engagée. Parce que j’ai une responsabilité civique, comme tout citoyen français. Et cette responsabilité je l’exerce. Je fais aujourd’hui moins de déclarations virulentes à l’égard de Nicolas Sarkozy que n’en font ses propres amis. Je me battais contre ce que je voyais d’inacceptable alors qu’il était au sommet, adulé de tous. C’est plus difficile, mais c’est plus juste.

J’ai pris mes responsabilités, parce que je pensais que ces dérives menaçaient notre pays sur deux points principaux. Le premier est que Nicolas Sarkozy et ceux qui l’entourent avaient fait du clivage perpétuel et de la montée des passions des Français les uns contre les autres un carburant pour leur puissance politique. Division et exaspération des divisions. Alors que pour moi, qui suis profondément unitariste quand je pense à mon pays, je pense que le devoir des dirigeants est de rassembler. Un dirigeant qui divise est un dirigeant qui affaiblit.

La deuxième raison est qu’au travers de nombreuses affaires, il était clair pour moi que le pouvoir de cette époque avait pour pratique constante de prendre toute liberté avec la loi et ses principes. La loi et les principes, c’était pour les autres. Pour eux, la fin justifiait les moyens. Or je pense que la grande ligne de clivage de la politique est entre ceux qui pensent que la fin justifie les moyens et ceux qui pensent, au contraire, comme Ghandi que « La fin est dans les moyens comme l’arbre est dans la graine ». Il y a une unité substantielle entre la fin et les moyens. Et ceci crée deux comportements politiques. C’est pour cette raison là que j’ai fait le choix de l’alternance. Après, est ce que François Hollande a été ce qu’il aurait dû être, c’est autre chose. Et évidemment la réponse est non.

En 2012, vous avez voté pour François Hollande. Au regard du bilan qui est le sien, comprenez-vous ceux que cela pourrait faire douter de votre clairvoyance ?

Ce qui était en jeu était beaucoup plus important encore qu’une question de programme. Imaginez-vous où nous en serions aujourd’hui, avec l’explosion des affaires, si l’issue du scrutin avait été différente ! Avec ce que nous avons appris de Bygmalion et de l’effarante explosion des comptes de campagne, où en serions-nous ? Imaginez le climat dans le pays, les manifestations, et la gauche qui triompherait en prétendant détenir les clés et les solutions de l’avenir. Aujourd’hui, les illusions sont enterrées et les scandales conjurés. La vérité apparaît enfin ! Il y a des moments où il faut avoir le courage, même seul contre tous, de prendre des décisions cruciales. Mais ce qui est terrible dans cette prise de responsabilité, c’est qu’elle a été solitaire.

Récemment, un éditorial du Figaro posait une bonne question : « Pourquoi tous ceux qui critiquent Sarkozy aujourd’hui dans son camp ne l’ont-ils pas critiqué lorsqu’il était au pouvoir ? Comment n’ont-ils rien dit si les choses étaient si graves qu’ils l’affirment aujourd’hui ? Et comment imaginer qu’ils aient pu ne rien savoir, étant données les responsabilités qu’ils exerçaient ? » Etre citoyen c’est prendre ses responsabilités, même seul. J’ai fait cette expérience de solitude et je ne le regrette pas.

Vous avez déclaré que Nicolas Sarkozy ne pouvait pas être le rassembleur de la droite. Comment expliquez-vous qu'il garde une telle audience auprès des sympathisants UMP ? Qui d'autre à l'UMP pourrait jouer ce rôle ? Par ailleurs, étant donnée la tendance à la radicalisation de l'électorat de droite, est-ce imaginable que celui qui portera la voix de la droite ne soit pas issu de l'UMP ?

Je ne crois pas que l’UMP soit un alliage durable. Je ne l’ai jamais cru. Je suis allé déclarer mon scepticisme le jour de la fondation du mouvement à Toulouse, parce que « le parti unique de la droite et du centre », c’est une illusion. Vous savez ce qu’est une émulsion en physique. Vous avez beau agiter le mélange, l’huile et l’eau ne se marient jamais vraiment et finissent toujours par se séparer. Il y a deux sensibilités politiques au sein de l’UMP, et ces deux sensibilités ne croient pas les mêmes choses, n’ont pas la même vision ni les mêmes valeurs. Et d’ailleurs, que chacun soit fidèle à ce qu’il est, c’est cela qui est la vérité, c’est cela après tout qui est estimable et noble.

Nicolas Sarkozy est évidemment favori dans sa reconquête de la droite. D’abord parce qu’il ne trouvera jamais un corps électoral aussi favorable que les adhérents de l’UMP au 30 juin 2014. C’est le meilleur corps électoral imaginable pour lui. Deux options au choix : soit il prend l’UMP, soit il crée un parti nouveau, ce qui l’exonère au passage de 80 millions de dettes. Je ne vois personne capable de le devancer dans l’état actuel de la droite et je ne vois personne capable de fédérer cet ensemble disparate. J’entends des candidats réclamer une génération nouvelle. J’avoue être sceptique face à la théorie des générations. Je me souviens assez bien de ce discours que tenait Rocard face à Mitterrand, trois ans avant 1981 !... Je crois aux personnalités denses. Nicolas Sarkozy, avec qui je suis si souvent en confrontation, est une personnalité dense, Alain Juppé est une personnalité dense, et François Fillon est également en piste. Qui d’autre ? Pour être dense, il faut traverser des événements un peu lourds. Il faut être capable de s’extraire du conformisme ambiant. Et il faut accepter de prendre des risques. On verra qui est capable de le faire.

Seriez-vous capable de travailler avec Nicolas Sarkozy sur une ligne politique déterminée ?

La ligne politique, la conception du pays et de la société, c’est précisément cela la question. Nicolas Sarkozy a porté une vision politique et des « valeurs » qui, jusqu’à maintenant, sur des points essentiels, ont été le contraire des celles auxquelles je crois du plus profond de mi-même.

Comment à droite parvenir à recréer la synthèse qui n'a aujourd'hui plus cours entre conservatisme et libéralisme ?

Ce sont des catégories qui sont aujourd’hui fort discutables. Conserver quoi ? Les institutions ? Il faut les réformer. L’éducation nationale ? On n’en est plus à conserver, il faut reconstruire à partir de valeurs, qui certes, ont été des valeurs républicaines très soutenues par l’école et qui ne le sont plus du tout aujourd’hui. Mais il ne s’agit en aucun cas de conservatisme. S’il s’agit de l’économie, je ne sais pas ce que conservatisme veut dire.

Pour le libéralisme, c’est un sujet très problématique pour la France. Ce que la France appelle libéralisme, et qui crée une polémique énorme dans notre pays, c’est la gauche dans d’autres pays. Aux Etats Unis, être libéral c’est être à gauche, en France être libéral cela veut dire être très à droite, et on ne comprend pas pourquoi.

Si on en revient aux fondamentaux, le Parti Démocrate Européen que je préside siège au sein d’une alliance avec les libéraux européens. Démocrates et libéraux appartiennent au même groupe pour peser ensemble au centre de la vie politique européenne autant qu’il est possible.

Je ne crois pas à l’étatisme. Est-ce que l’énergie économique d’un pays peut être décidée du sommet ? Je ne le crois pas. Je pense que l’économie, la vie, la créativité c’est « Que 1000 fleurs s’épanouissent ! ». Le devoir de l’état est de créer un biotope à partir duquel ces 1000 fleurs puissent s’épanouir. Mais la somme des intérêts particuliers ne fait pas l’intérêt général. Il y a une responsabilité de l’État, particulièrement en France, qui n’a pas été exercée ces 15 dernières années, et qui est de veiller aux grandes orientations stratégiques. L’État, par exemple, s’est fait le complice d’une idéologie de liquidation de plusieurs grands secteurs de production, ou en tout cas a été indifférent à leur liquidation. Il a été complice de l’idéologie qui prétendait qu’il n’y avait pas de différence structurelle entre les services d’un côté, la banque, l’assurance, et d’un autre côté la production, l’industrie ou l’agriculture.

Or il arrive un moment où une société qui se détourne de la production, du moins des grands secteurs de production, ne peut plus défendre son contrat social !

Un exemple tout bête. Nous vivons et allons vivre de plus en plus dans un monde d’écrans, du smartphone à l’ordinateur portable, de la télévision à l’écran géant. Immense marché chez nous, immense marché mondial. Or plus un seul de ces écrans n’est fabriqué en Europe ! Plus un ! Et ce n’est nullement une question de coût du travail : le prix du travail est marginal dans un écran. Nous avons laissé partir toute la technologie, la capacité d’inventer, la maîtrise du produit, le design, l’investissement… et ceci est une faute qui relève des politiques. Je ne dis pas qu’il ne faut pas accepter la concurrence, elle est positive, mais les politiques ont un devoir de stratégie. En laissant faire les acteurs économiques sur leurs propres capacités de décision, d’appréciation et de retour sur investissement, jamais une filière ne sera défendue. Il faut une vision claire et une capacité d’entraîner, tout en n’étant pas dans la caricature.

Je crois à la liberté nécessaire à l’invention, à la création, et je crois à la responsabilité d’un État capable de fédérer, d’entraîner, de penser le long terme et les grands équilibres.

Vous avez dans l'esprit des Français la stature et la notoriété pour incarner le rassemblement du centre. Mais il vous manque les cadres et la structure. L'UDI les a : en prendre le contrôle, est-ce une option que vous envisagez ?

Je ne participe à aucune manœuvre de cet ordre. La plupart des responsables de l’UDI ne sont pas des étrangers pour moi et beaucoup sont des amis personnels. Nous avons été ensemble et nous serons ensemble à nouveau un jour, c’est ma conviction. Si le centre veut dire quelque chose, alors il faut qu’il se rassemble. Il faut qu’il arrête de se vendre au plus offrant, ce qu’il a l’habitude de faire depuis trop longtemps, dans des manœuvres compliquées où il se perd lui-même. Il faut aussi qu’il arrête d’être une auberge espagnole où se précipitent des ralliés intéressés, en provenance de n’importe quel horizon, avec le projet d’en prendre le contrôle alors qu’ils n’ont rien à voir au fond avec cette sensibilité.

Les personnalités qui sont vraiment du centre, je n’ai pas envie de les surprendre par une manœuvre d’enveloppement.

Une telle manœuvre serait vouée à l’échec parce qu’elle ne serait pas construite autour des questions essentielles.

Et puis, il faut que j’ajoute quelque chose : je pense qu’aujourd’hui la question est bien plus nationale que partisane. C’est-à-dire que je m’efforcerai de m’adresser plus largement qu’au centre. Mais il faut que le centre s’assume. Il peut avoir un dialogue républicain, civique, avec d’autres sensibilités quand il s’agira de reconstruire le pays.

La capacité qui est la mienne, quelle qu’elle soit, je la mettrai au service de cette reconstruction-là. Qui n’est pas seulement la reconstruction du centre. Il faut des voix qui parlent au pays dans ses profondeurs. Si je peux être une de ces voix, je serai dans mon rôle.

Je ne crois pas que la forme partisane traditionnelle du XXe siècle soit la forme adaptée à l’avenir. Organiser un vote dans un parti avec des gens qui vont acheter des inscriptions, cela n’a aucun sens.

Quel destin envisagez-vous pour la droite ? Quelle influence cela pourrait-il avoir dans votre stratégie d'alliance avec l'UDI ?

Je ne pense pas le pays en droite et gauche. Je sais bien pourtant que depuis des décennies, c’est comme cela que les choix se font. Mais regardez où cela nous a conduits ! Bien sûr, le bipartisme facilite la prise de pouvoir. Mais qu’est-ce que le pouvoir si on ne peut rien en faire ? Il m’importe peu de savoir quel bord est au pouvoir si les deux bords se trompent. Or ces dernières années, les deux bords se sont trompés à l’envi.

Mon engagement dans la vie politique française, il n’est pas autour de la question de la prise de pouvoir, il est autour de la question de la prise de conscience du pays. La prise de conscience, c’est le préalable à tout redressement.

Mon engagement est qu’il y ait un courant, une force politique, qui travaille autour d’une approche lucide et de la formation d’une volonté nationale. La question est française. C’est notre vie publique qui depuis longtemps ne produit plus la volonté et la lucidité qui font les pays courageux et rayonnants. Notre pays, depuis des années, manque de pensée ferme et de leadership.

C’est cela qui m’intéresse, pas les conflits de personnes, pas l’ambition au sens carriériste. Je suis passionné par mes deux responsabilités, locale et nationale. Il est passionnant d’être à la tête d’une ville qui a une grande histoire et un grand avenir. Pau est la capitale de ma région, la capitale historique, économique et intellectuelle d’une région à très grand potentiel, avec des entreprises de pointe dans le monde, et un grand nombre de chercheurs, le Béarn. Et il est passionnant d’avoir la responsabilité du Mouvement Démocrate, un mouvement uni, avec une vision originale, au moment où tous les partis autour de nous sont dans les affres, les fractures ou les crispations.

Mais comment ne pas s’inquiéter en voyant notre pays dans l’état où il est ? C’est une cause de profond souci pour quiconque qui aime la France. Un responsable politique, ou simplement un citoyen, ne peut pas être heureux quand il voit son pays malade. Ce sont des centaines de milliers de destins qui sont profanés par ce désespérant imbroglio. Contribuer à la prise de conscience et au ressaisissement de notre pays, voilà ma mission.

Et une telle mission ne peut pas être remplie si on pense à soi-même d’abord. La prise de conscience suppose un esprit d’ouverture et le souci du rassemblement.

Vous participez à un numéro de Causeur sur les nouvelles fractures françaises. Christophe Guilluy rappelle que la France des 60 % d'exclus est celle des campagnes. Comment développer une offre politique qui prenne en compte cette nouvelle donne, qui parle à la fois aux bénéficiaires et aux débiteurs de la mondialisation ?

Je fais une déclaration d’optimisme. En France, si nous savons mettre de l’ordre chez nous, tout le monde peut être bénéficiaire de la mondialisation. Ce qui me frappe c’est que notre civilisation européenne et spécialement la France peut être une référence dans le monde. Quand je vois la situation de la Chine, je ne l’échange pas avec la situation de la France. Les problèmes sociaux, démographiques, environnementaux, politiques de cet immense pays sont sans commune mesure avec les nôtres. Nous serons une référence si nous savons ce que nous sommes et si nous sommes capables de le dire, de nous adresser en même temps aux nôtres et au monde.

Les capacités du peuple français ne sont pas en cause. Mais nous avons laissé s’effriter les piliers de la maison. Est-ce réparable ? Je pose la question avec crainte. 1958, comme je viens de le rappeler, c’était 5% de croissance annuelle… Mais je veux croire que oui. Nous sommes un peuple qui sait se ressaisir. À condition d’avoir un cap. Le coup de Génie de De Gaulle, ce n’est pas tant la prise de pouvoir, c’est qu’il avait une pensée claire et lisible par tous ses concitoyens. Restaurer l’Etat, rebâtir l’indépendance de la France, jouer les cartes de notre pays les unes après les autres en acceptant la mondialisation de l’époque qu’était le Traité de Rome. Ce que ses partisans récusaient, et ses adversaires aussi, y compris Mendès France. Il l’a fait.

Quant à la France des campagnes, je la connais mieux que d’autres. Elle n’est pas, dans son désarroi, si différente de la France des quartiers, avec une grande question d’identité, et une très grande difficulté à penser son avenir. Ce sont ces deux mondes que Jean Lassalle a arpentés. Et c’est à ceux-là que nous réfléchissons.

Comment expliquez-vous que la classe politique reste muette et démunie face à ces mutations profondes de la société ? Le Modem en a-t-il pour sa part pris la mesure ? Concrètement, par quelles propositions cela se traduit-il ?

La classe politique a été sélectionnée au travers d’institutions et de filtres qui, avec le temps, ont fini par générer de lourdes déformations. Cette sélection ne conduit pas à comprendre le monde comme il va, pas le monde des quartiers populaires, mais pas davantage l’économie ou l’entreprise. Encore moins ce mode de sélection conduit-il à penser le monde comme il devrait être, à en imaginer les changements bienfaisants, à en écarter les dérives. Cette inadaptation n’est pas très différente de l’inadaptation qui a entraîné la chute de la Chine des mandarins.

Un exemple pour illustrer ma pensée. Ce qui est déterminant pour une carrière politique aujourd’hui, c’est l’habileté à progresser dans l’appareil des deux partis dominants. Les qualités nécessaires sont le conformisme, la soumission aux puissants du moment (les « écuries ») et la dissimulation. C’est à peu près le contraire des qualités requises pour les vrais gouvernants.

De même pour la sélection précoce des élites administratives, dès l’âge de vingt ans. L’esprit pratique n’y a aucune place et l’aptitude au commandement pas davantage. C’est une sélection sur bases théoriques, non digérées par la vie. Ce n’est pas adapté pour penser le changement. Un mode de sélection comme l’école de guerre, qui intervient plus tard dans la vie, après une vraie expérience du métier militaire, me paraîtrait bien plus adapté.

Rien de tout cela ne favorise la créativité, l’audace, la pensée différente.

Les changements d’époque dans le domaine de la pensée sont de l’ordre de la créativité personnelle de ceux qui les portent. Je ne crois guère aux commissions, aux groupes de travail. Clémenceau disait « qu’est-ce qu’un dromadaire ? C’est un cheval dessiné par une commission ». La mission d’un responsable politique est de faire naître des solutions nouvelles. Or la pratique quotidienne de la responsabilité politique pousse au conformisme. Les responsables politiques, pour le plus grand nombre, n’écrivent plus un mot de ce qu’ils vont prononcer ou signer. Imaginerait on De Gaulle prendre un collaborateur, même doué, pour écrire Vers l’Armée de Métier ? Plus personne n’assume le travail d’accouchement de sa propre pensée. Alors il n’y a plus de pensée originale.

Il devrait revenir aux responsables politiques d’assumer le leadership en matière de pensée. En France, c’est un échec généralisé. Dans le pays pourtant qui était le plus apte à le faire. La pensée politique est une œuvre de création, et non de reproduction. Pour cela, la pensée doit être simple. Aujourd’hui, la pensée est techno-spécialisée, parle par sigles et acronymes, c’est-à-dire qu’elle est devenue incompréhensible par le commun des mortels.

Les dirigeants devraient avoir le minimum de culture ou d’intuition historique qui permet de rapporter les évènements contemporains à l’expérience de l’humanité. Le monde politique français tel qu’il est devenu en manque cruellement.

Ce n’était pas le cas il y a quelques décennies. Les études historiques, la maîtrise de la langue, comptaient beaucoup dans la sélection. Et la guerre, la Résistance, permettaient au moins de repérer des caractères et de sélectionner des gens qui ne se couchaient pas.

Concrètement, si cette réflexion est juste, il faut profondément changer nos institutions politiques, pour que les intrigues internes aux appareils de deux partis politiques ne soient plus le passage obligé et changer le mode de recrutement et de formation des hauts fonctionnaires. Il faut que pour diversifier les parcours le pluralisme retrouve sa place dans nos institutions. Et il faut que l’expérience de la vie et l’esprit pratique retrouvent leur place dans la sélection des futurs responsables administratifs.

Traditionnellement, le centre est plutôt constitué d'électeurs et d'élus bien intégrés socialement. En quoi s'adresser aux exclus constitue-t-il un défi particulier pour vous ? Comment comprendre le vote qui s'exprime soit dans l'abstention, soit dans les extrêmes ? Et comment leur proposer une alternative ?

Les peuples ne votent pas pour des programmes abstraits. Ils votent pour des personnalités et pour des visions.

Ceux que vous appelez « exclus », ceux qui ne se reconnaissent pas dans le système dominant, ou de moins en moins dominant, comme il faudrait écrire, savent, ou sauront qui les prend en compte non pas politiquement, mais humainement. D’une certaine manière, le fait de ne pas appartenir aux forces dominantes, ruinées, déconsidérées, mais dominantes, est un atout pour se faire entendre d’une partie de ceux qui ne sont pas dans le système et qui en souffrent. Ce n’est pas pour moi un défi particulier, mais une chance particulière.

Pour leur proposer une alternative, un chemin différent, il faut les considérer non pas comme des personnes ou des familles à assister, mais comme des personnes ou des familles qui peuvent apporter aux autres et à eux-mêmes. Il faut leur proposer l’autonomie et l’engagement.

L'alternative se pose-t-elle forcément entre le centre-droite ou droite-fn ou une évolution à l'italienne avec une Marine Le Pen débarrassée de son père et qui aurait achevé la mue du FN vous semble-t-elle possible ?

Y a-t-il une tendance de l’électorat de la droite classique à des rapprochements avec le FN ? Probablement oui, sans doute. Peut-être même majoritairement. Pour autant, il faut avoir en face de cette proposition politique, élargie ou pas, une pensée ferme. Je n’ai pas et n’ai jamais eu l’obsession du Front national. Ma seule question est « Est-ce qu’il y a dans le projet de ces courants politiques quelque chose de bien pour le pays » ? La réponse est non. Il ne s’agit même pas des attitudes, des déclarations, des provocations du Front national avec lesquelles je suis en affrontement. Je suis en affrontement avec ce courant parce que leurs solutions et leurs obsessions entraineraient le pays vers le gouffre.

Le Front national dit deux choses, « c’est la faute aux immigrés », et « c’est la faute à l’euro ». Or, ce n’est ni la faute aux immigrés, ni la faute à l’euro. Les immigrés sont une charge bien sûr, mais ils peuvent aussi apporter beaucoup. Et surtout le monde entier doit vivre avec le poids de la misère qu’il a laissé prospérer sur des continents entiers. Quand ils ne peuvent plus nourrir leurs enfants, les nourrir au sens propre, au sens quotidien du mot, quand il n’y a plus à manger le matin pour le soir, les pauvres ne restent pas derrière des frontières. Quant à nous, Français, si nous avions été la société vivante que nous devions être, nous les aurions intégrés, mis au travail, et ils nous auraient aidés à créer de la richesse, pour nous et pour eux. Cela n’aurait pas été sans tension, mais cela n’aurait pas été sans espoir.

Accuser l’Europe nous empêche de penser que l’État de la France est uniquement de notre responsabilité de citoyens français, de peuple français, que nous en sommes là par la faute de décisions erronées et d’habitudes néfastes trop longtemps acceptées. La question des dirigeants qui auront un jour la charge de reconstruire, ce sera leur capacité à entrainer les peuples, à se faire entendre, à prendre des décisions simples et fortes. La France a subi une entreprise de dévoiement de la conscience nationale.

À mes yeux, est homme d’État celui qui affirme que nos problèmes sont chez nous et que nous allons les résoudre chez nous. A partir de là nous seront forts et nous aurons des dialogues constructifs, exigeants avec ceux qui nous entourent. Donner à un peuple des raisons de vivre, de travailler, d’inventer, de rire, d’être ému, et non le conduire vers cette névrose paralysante qui veut toujours accuser les autres de ses propres difficultés.

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Lettre de François Bayrou

18 Juillet 2014, 20:34pm

Publié par MoDem Colombes

Lettre de François Bayrou

Chers amis,

L’année politique, qui suit l’année scolaire, s’achève.

Le bilan est encourageant : nous avons franchi avec succès le double obstacle des élections municipales et européennes.

Les élections municipales nous ont permis de conserver les mairies que nous détenions et d’obtenir de nombreux gains. Nous avons implanté des équipes de gestion locale dans de très nombreuses villes. Notre succès à Pau, qui s’ajoute à ceux de Saint-Brieuc, Mont-de-Marsan, Talence, Hérouville ou Pontivy a été un des plus suivis de cette élection au printemps.

Les élections européennes nous ont permis, dans un climat pourtant largement hostile aux idées européennes, d’obtenir avec nos alliés de l’UDI un score de quelque 10 % des voix, qui était l’objectif que nous nous étions fixé, et de dépasser 12 % en Ile-de-France et dans l’Ouest. Nous avons fait élire sept députés européens, Marielle de Sarnez, Sylvie Goulard, Nathalie Griesbeck, Robert Rochefort, Jean Arthuis, Dominique Riquet, Jean-Marie Cavada, qui siègent tous au sein de la délégation du Parti Démocrate Européen au groupe ADLE. Tous occupent des responsabilités importantes au sein du Parlement européen, à commencer par Jean Arthuis qui y préside désormais la Commission du Budget.

Dans un contexte particulièrement difficile, nous pouvons donc regarder avec fierté le chemin parcouru par notre courant politique entre la rentrée 2013 et cet été 2014.

Mais notre pays connaît des difficultés sans précédent devant lesquelles, plus que jamais, notre responsabilité sera engagée.

En effet, jamais depuis le début de la Ve République on n’a connu une perte de confiance si grave et parallèle à l’égard du pouvoir comme de l’opposition. L’aggravation continue des difficultés économiques, sociales et morales de la société française, les scandales à répétition qui révèlent des manquements graves à la loi et aux principes républicains, tout cela mine notre pays. Les deux partis dominants portent aux yeux des Français leur part de responsabilité.

Cette situation est lourde de menaces. Tous les Français voient, et ressentent, le besoin d’un espoir nouveau, d’un sursaut républicain.

Nous avons, face à cette attente, une responsabilité particulière.

Et cela pour au moins deux raisons principales : d’abord parce que nous avons, avant d’autres, vu venir cette dégradation, l’avons analysée et en avons prévenu les Français : sur les dérives de la vie publique, sur les déficits et la dette, sur les blocages institutionnels, sur le « produire en France », sur la privatisation des autoroutes, sur les affaires et les « abus de pouvoir », nous avons été en première ligne, et souvent seuls. Les faits ont apporté leur sceau de vérité.

La deuxième raison de cette responsabilité particulière est que le Mouvement Démocrate, depuis sa fondation, a choisi de penser la politique en termes de pays et d’intérêt général, et pas en termes de partis, de camps ou de clans. Il affirme la nécessité, pour reconstruire, de surmonter les frontières politiques traditionnelles. Or telle sera bien la condition de la reconstruction républicaine. Nous avons commencé avec les diverses organisations du centre, vainement éparpillé, mais nous affirmons la nécessité d’aller au-delà et, pour que notre pays s’en sorte, de rassembler chaque fois que possible toutes celles et tous ceux qui s’accordent sur l’essentiel.

Il nous revient de proposer aux Français un plan de reconstruction et de favoriser les conditions politiques de ce mouvement. Cette réflexion devra embrasser un renouveau de l’action publique, aussi bien de l’État, des collectivités locales, des organismes sociaux, pour qu’elle soutienne l’initiative et la créativité de la société au lieu de la paralyser. Elle devra définir un modèle social qui recherche l’autonomie de ceux qui traversent des difficultés au lieu de les enfermer dans l’assistance. Elle devra dessiner un modèle institutionnel qui permette une vraie légitimité de l’action publique et des démarches de rassemblement sur l’essentiel.

C’est un défi exigeant et passionnant.

Nous ne pouvons le relever que grâce à vous. C’est pourquoi il me faut vous demander deux engagements.

Nous avons besoin que vous renouveliez votre adhésion et que vous proposiez à vos proches de nous rejoindre. Nous avons une grande responsabilité, pas de dettes, mais un budget sans commune mesure avec le rôle que nous jouons et devons jouer. Seul votre soutien, par vos cotisations et vos dons, peut nous y aider ! Et c'est ici ou .

Nous devons réussir notre université de rentrée. Tous les mouvements politiques qui nous entourent sont dans les affres de compétitions internes ou de préparation de congrès chahutés. Ce n’est pas notre cas ! Nous devons avancer ! À Guidel en Bretagne, du 19 au 21 septembre, nous devons approfondir notre réflexion et nous adresser aux Français comme porteurs d’espoir. Votre inscription est ici.

Adhésion, contribution, inscription à l’université de rentrée. En ce moment si important pour notre pays, nous avons besoin de vous. C’est le moment !

Je vous dis ma confiance et mon amitié.

François Bayrou

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