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Le Blog du MoDem de Colombes

Quand Bayrou refuse la Légion d'honneur

23 Juin 2013, 20:32pm

Publié par MoDem Colombes

Quand Bayrou refuse la Légion d'honneur

L'ex-candidat à la présidentielle, qui a rassemblé samedi les centristes européens, est déçu par François Hollande.

Un an après sa défaite aux législatives, François Bayrou a renoué hier avec les estrades parisiennes. "Nous sommes là pour relever le défi du débat pour l'Europe", a-t-il lancé lors d'un forum du Parti démocrate européen, dont il est cofondateur. Le centriste a appelé, comme Jean-Louis Borloo il y a quinze jours dans le JDD, au "rassemblement des Européens" pour répondre aux extrêmes dans la perspective des échéances de 2014. Sans dire en aucune façon s’il serait lui-même candidat. Depuis son échec à la présidentielle et aux législatives, suite à son vote Hollande, Bayrou a observé, commenté, écrit, puis fini par cesser d’espérer que le nouveau président crée la "majorité centrale réformiste" qu’il appelle de ses voeux. "François Hollande est un homme avec qui je m’entends bien, intelligent mais totalement prisonnier d’une majorité verrouillée", remarquai-t-il vendredi dans son bureau, au siège du MoDem, désormais loué en partie à un cabinet d’audit, le prix des déconvenues électorales.

Deux fois, depuis le début de l’année, le pouvoir socialiste, sur le contingent du ministère de l’Intérieur d’abord, puis sur celui de l’Assemblée, a voulu remettre au centriste la Légion d’honneur. Bayrou a refusé net ces lots de consolation. Il s’en explique aujourd’hui : "On n’accepte pas une décoration venant du pouvoir quand on est un homme politique indépendant." Alors s’il ne veut ni ne peut pour le moment rien attendre de la gauche, la division, inéluctable à ses yeux, de l’UMP sous les coups de boutoir du FN, facilite, selon lui, la recomposition du paysage politique. "Le plus probable, c’est que des passerelles se bâtissent entre la droite républicaine et nous. Mais l’état du pays voudrait que ce soit plus large encore", dit-il, assurant qu’il "travaillera de toutes ses forces" au rassemblement. C’est déjà le cas à Pau, où il prépare l’union de la droite face à la maire PS sortante, qui avait eu le mauvais goût de le battre en 2008.

Bayrou présente son dépouillement électoral comme une ascèse. "Si je n’avais pas accepté ce sacrifice pour les Français, je serais un homme politique comme tous les autres. Rien que pour cela, cela en vaut la peine. Au moins la preuve est faite que je suis désintéressé. C’est la condition pour être un jour écouté." Écouté, il pense déjà l’être, auréolé de ses prédictions réalisées sur le poids de la dette ou celui des affaires. D’ailleurs, son parti réduit à peau de chagrin domine encore légèrement dans les sondages l’UDI de Borloo, avec qui Marielle de Sarnez espère faire alliance à Paris.

Bayrou ne concède aucun regret sur son choix pro-Hollande : "Les regrets, les rancoeurs? La vie est trop courte, j’oublie, je passe." Le troisième homme de 2007 observe avec attention les présidentiables 2017. Nicolas Sarkozy, dont il comprend qu’il veuille "bercer sa douleur". "Ce n’est pas facile de ne plus être Monsieur le Président. Tous ses prédécesseurs ont mis dix ans à faire ce chemin." François Hollande, dont il pense que la réélection sera empêchée par la situation du pays. Enfin François, Fillon, qui a sa "sympathie". Sera-t-il un bon candidat? Bayrou fait la moue : "Vous savez, la présidentielle, c’est un sport extrême." Et peut-on se priver de cette adrénaline si facilement? "Non", lance-t-il avant de se rattraper : "Je ne suis pas intoxiqué de présidentielle. Peut-être l’ai-je été." Pourtant, le Béarnais avoue se réveiller, arraché à son sommeil par "la situation de la France".

On n’accepte pas une décoration venant du pouvoir quand on est un homme politique indépendant.

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